Initialement prévu ce mercredi 7 juillet, le procès en appel de l’islamologue Saïd Djabelkhir, condamné pour offense aux préceptes de l’islam, a été reporté au 20 septembre prochain. Ce report est dû à l’absence des plaignants.

Ainsi, ce procès qui a fait couler beaucoup d'encre n'aura lieu qu'à la rentrée sociale. Saïd Djabelkhir a été condamné, le 22 avril dernier à trois ans de prison ferme dans son affaire contre l’universitaire islamiste de Sidi Bel Abbès. Le tribunal de Sidi M’Hamed a également condamné l'islamologue à 50000 dinars d’amende.

Les avocats choqués face à la condamnation de Saïd Djabelkhir

Ce verdict avait choqué les avocats de Saïd Djabelkhir. Le chercheur était poursuivi pour offense aux préceptes de l’islam et au prophète Mohamed. Pour les avocats et les militants des droits de l’Homme c’est une véritable inquisition qui s’est installée. « L’inquisition confirmée. Ciel, mon pays. La pensée condamnée ! » s’était exclamée, sur son compte Facebook, l’avocate Aouicha Bekhti, connue pour son engagement en faveur des détenus du Hirak. De son côté, Me Salah Dabouz avait posté une publication pour dire que « l’inquisition est devenue un fait accompli en Algérie ».

Pour lui, « la condamnation de Saïd Djabelkhir prouve que la plupart des juges algériens ont une orientation idéologique islamique et appliquent les dispositions de la charia (loi islamique), en essayant de la justifier par des articles du Code pénal ». « La liberté de pensée condamnée par le tribunal de Sidi M’Hamed »,avait  asséné, pour sa part, Me Zoubida Assoul.

Plainte déposée contre Djabelkhir en janvier 2020

L’enseignant à l’université de Sidi Bel Abbes qui a déposé plainte contre Saïd Djabelkhir l’a fait en janvier 2020. Soit quelques jours après que le chercheur eut affirmé que le jeûne du ramadan n’était pas une obligation, en se basant sur un verset coranique. Mais c’est en février 2021 que les magistrats du tribunal de Sidi M’Hamed ont décidé de la déterrer. Aucun magistrat n’a pensé expliquer pourquoi il a fallu plus d’une année pour prendre en charge une plainte. Pourtant, beaucoup avaient condamné même l’idée que la plainte soit considérée comme recevable par un tribunal, cette idée étant considérée comme une criminalisation de la pensée.