Des milliers de personnes ont manifesté, samedi 17 juillet, à Paris et dans de nombreuses autres villes de France pour protester contre l’élargissement de l'utilisation du pass sanitaire. La mesure doit entrer en vigueur mercredi 21 juillet puis sera étendue en août aux bars, restaurants et autres lieux publics.

Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 100 000 manifestants, dont 18 000 à Paris se sont réunis le 17 juillet en France. Des manifestations contre le pass sanitaire ont réuni des milliers de personnes partout en France. Une façon pour les manifestants de faire pression sur le gouvernement alors que l'extension du pass sanitaire doit être adoptée lundi 19 juillet en Conseil des ministres.

« Non au pass nazitaire »

Le ministère de l’Intérieur fait état de 114 000 manifestants dans toute la France. À Paris, ils étaient 18 000 personnes selon la Police à prendre part à une manifestation entre la place du Palais Royal dans le Ier arrondissement et la place Laroque, dans le VIIe arrondissement. La manifestation s’est tenue dans le calme, de même, certains ont pu repérer des pancartes faisant référence à la situation des juifs sous la dictature nazie. « Non au pass nazitaire », « fausse pandémie, vraie dictature », lit-on en effet sur des pancartes brandies durant la marche.

Manifestions contre le pass sanitaire : Des tensions à Metz et Strasbourg

Des tensions entre manifestants et forces de l’ordre ont eu lieu devant la préfecture de Moselle. La police a fait usage de grenades lacrymogènes. 2000 personnes manifestent actuellement à Metz, selon France Bleu Lorraine. Ils sont plusieurs centaines de manifestants à Nancy. La situation est aussi tendue en fin de cortège lors de la manifestation à Strasbourg. Les forces de l’ordre on fait usage de grenades lacrymogènes sur la passerelle du Faux Rempart.

Un peu plus loin, un millier de personnes se sont rassemblées place Kléber. 2 000 personnes manifestent à Reims. Les soignants étaient en tête du cortège et scandaient : « Liberté ! » et « Non au pass sanitaire », a rapporté France Bleu Champagne. Des manifestants ont appelé à la démission d'Emmanuel Macron. Certains entonnaient La Marseillaise. La circulation a été bloquée dans le centre de la Ville.

Plusieurs interpellations ont eu lieu à Lyon

Dans les Bouches-du-Rhône, à Marseille, 4250 personnes ont manifesté. Dans ce cortège, note La Provence, « se trouvait une majorité de soignants et plus d’une centaine de Gilets jaunes ». À Lyon (Rhône) plusieurs centaines de personnes (900 selon la préfecture) se sont aussi réunies pour manifester contre le pass sanitaire, mais le cortège a été bloqué par les forces de l’ordre, la manifestation n’ayant pas été déclarée. La situation s’est tendue au fil des heures et la police a fait usage de gaz lacrymogène, indique Le Progrès. Plusieurs interpellations ont eu lieu.

Une partie de la classe politique opposée à l’extension du pass sanitaire

Des réactions négatives ont suivi les annonces d'Emmanuel Macron, le 12 juillet. Gilles Platret, un des vice-présidents des Républicains, s’est demandé ce que ces mesures signifient « en matière de libertés publiques ». Marine Le Pen les a considérés comme un « recul grave des libertés individuelles, une déconstruction de l’État, une liquidation de notre système de protection sociale ».

La situation qui se crée avec l’extension du pass sanitaire a été qualifiée d’ « apartheid » par Florian Philippot, président des Patriotes. La même idée a été exprimée par l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi. Cependant, pour le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts, cette comparaison est « aussi idiote qu’indigne ».

Une élue exhorte les manifestants à envahir les permanences des députés

La députée Martine Wonner a exhorté les manifestants, samedi 17 à Paris, à envahir les permanences des députés pour dénoncer l'instauration du pass sanitaire et l'obligation vaccinale pour les soignants. « Jamais nous n’accepterons cette dictature. Nous devons refuser la ségrégation entre vaccinés et non vaccinés, nous devons refuser la stigmatisation […] Allez faire le siège des parlementaires, allez envahir leurs permanences pour dire que vous n’êtes pas d’accord », lançait la représentante au Parlement.

Martine Wonner avait d'ailleurs appelé, le 16 juillet, les Français à s'opposer à l'obligation vaccinale, et leur a donné rendez-vous le 17 juillet pour une manifestation pacifique Place de la République et pour une convergence des collectifs citoyens devant le Conseil d'État. Elle affirme que « rien ne justifie les mesures annoncées par le gouvernement français, surtout pas l'état sanitaire ».

« Martine Wonner sans limite » : Christophe Castaner a demandé à saisir la Justice

La prise de parole de la députée du Haut-Rhin (ex-LREM) fait polémique en France. Le député Mathieu Lorphelin (ex-LREM) a tweeté ce dimanche 18 juillet : « Martine Wonner sans limite ». Christophe Castaner, le chef des députés LR, a demandé à saisir la justice. « Ces propos sont intolérables. J’ai écrit ce soir à Richard Ferrand, afin qu’il puisse saisir le Procureur de Paris au titre de l’article 40. Les violences contre les élus sont de plus en plus courantes. Elles n’en sont pas moins inacceptables dans notre République », écrit-il dans un tweet publié ce dimanche 18 juillet. Martine Wonner, pour sa part, dénonce une « surinterprétation » de ses propos pour lui « porter préjudice ».

Le virus « nous prive de liberté » estime le ministre de la Santé Olivier Véran

Face à la montée au créneau des anti-vaccins et des opposants à l'élargissement du pass sanitaire en France, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé, samedi 17 juillet, que « ce n’était ni le masque ni le pass [sanitaire, ndlr] qui nous prive de liberté, c’est le virus avec son cortège de malades, son cortège de morts ».

Les anti-vaccins ont également été fustigés par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal dans une interview au Parisien. Pour lui, il s’agit d’une « frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire, qui se satisferait bien de rester dans le chaos et l’inactivité », face à une « France laborieuse et volontariste, qui veut mettre le virus derrière elle et travailler ».

Images et vidéos de la manifestation du 17 juillet en France contre le pass sanitaire