La Tunisie renoue avec l'instabilité politique et les affrontements de rue après l'annonce surprise de son Président de suspendre le parlement et de limoger le Premier ministre. Suite à cette décision, des centaines de personnes se sont rassemblées, ce lundi 26 juillet, devant le siège de l'Assemblée nationale pour dénoncer les décisions de Kaïs Saïed. Ce rassemblement a vite tourné en affrontement entre manifestants et forces de l'ordre.

Vraisemblablement la Tunisie se dirige tout droit vers une période d'instabilité politique. La population est divisée en deux parties. La première soutient le Président tunisien. Elle est sortie tard dans la nuit du 25 juillet pour exprimer sa joie suite aux décisions de Kaïs Saïed. la deuxième partie, proche des islamistes, a organisé ce lundi un rassemblement devant le Parlement tunisien pour dénoncer la suspension de ses activités par le président Kaïs Saïed et du limogeage du Premier ministre.

Ce rassemblement a vite dégénéré. Il a tourné en affrontement entre les manifestants et forces de l'ordre. Ainsi, des heurts ont éclaté. Des heurts qui annoncent le début d'une période de trouble en Tunisie. Il faut signaler aussi que la présence des protagonistes dans ce rassemblement a compliqué les choses. Des centaines de partisans du président Saïed ont empêché les militants et sympathisants du principal parti parlementaire Ennahdha de se rapprocher de leur chef, Rached Ghannouchi, également président du Parlement. Ce dernier a été empêché d'accéder au parlement par des forces militaires stationnées devant le bâtiment.

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Les mesures du président tunisien condamné par Ennahdha

Il faut rappeler que le président tunisien a annoncé, le 25 juillet, une série de décisions après une journée mouvementée qu’a connu le pays. Kaïs Saïed a en effet décidé de geler les activités du parlement et de démettre le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, en attendant de former un nouveau gouvernement.

Suite à ses mesures, le principal parti au pouvoir en Tunisie Ennahdha a condamné la sortie du président. « Ce qu’a fait Kaïs Saïed est un coup d’État contre la révolution et contre la Constitution, et les partisans de Ennahda ainsi que le peuple tunisien défendront la révolution ».

Le siège du bureau d’Al Jazeera à Tunis fermé par la police

Suite aux événements que connait la Tunisie, les forces de sécurité ont procédé à la fermeture du siège du bureau d’Al Jazeera à Tunis et ont expulsé tous les employés. L'information a été révélée par Lotfi Hajji, directeur du bureau d’Al Jazeera à Tunis. Il faut dire que la chaîne qatarie est connue pour sa proximité du mouvement Ennahdha. Elle assurait en continu la couverture en direct des déplacements et les déclarations de Rached Ghannouchi.