Les ambitions hégémoniques du Maroc au Maghreb inquiètent des pays européens. Selon une étude allemande de l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité, la politique subsaharienne du Maroc « a exacerbé les tensions avec l’Algérie et éveillé les ambitions en Tunisie ». 

La note politique réalisée par Isabelle Werenfels, chercheuse principale dans la division Moyen-Orient et Afrique de l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (Stiftung Wissenschaft und Politik), fournit des comparaisons intéressantes entre les politiques d’Afrique subsaharienne du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. L’étude politique est intitulée « Les rivalités maghrébines sur l’Afrique subsaharienne : l’Algérie et la Tunisie cherchent à suivre le rythme du Maroc ».

Cette note recommande aux États membres de l’Union européenne de revoir leur stratégie dans la région du Maghreb et à œuvrer à arrêter « les tentations hégémoniques » du Maroc.

Appels à contrecarrer les « tentations hégémoniques » du Maroc

Isabelle Werenfels appelle à contrecarrer les « tentations hégémoniques » du Maroc au Maghreb, qui selon l’étude freinent « l’émergence de l’Algérie et de la Tunisie ».

« La politique subsaharienne du Maroc a exacerbé les tensions avec l’Algérie et éveillé les ambitions en Tunisie. L’Algérie cherche à contrecarrer les avancées de Rabat. Tunis, pour sa part, essaie de suivre les traces de Rabat, espérant que des relations plus étroites avec l’Afrique stimuleront la croissance économique », écrit l’auteure de la note.

La recommandation politique pour l’Union européenne

La recommandation politique d’Isabelle Werenfels à cet égard est que « l’Union européenne devrait traiter ces tendances comme une opportunité pour l’intégration africaine et la coopération triangulaire UE/Maghreb/Sub-Sahara. Cela pourrait contrecarrer le sentiment d’inutilité croissante de l’Algérie, renforcer l’économie tunisienne, relativiser les ambitions hégémoniques du Maroc et ainsi atténuer la dynamique négative de la rivalité ».

Concernant l’Algérie, la note politique souligne « qu’il est vrai qu’Alger se méfie des succès du Maroc en Afrique, mais ses dirigeants semblent confiants que l’Algérie pourrait rattraper son retard de sitôt, surtout si les prix du pétrole augmentent, et si elle pouvait capitaliser sur ses alliances stratégiques avec l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Éthiopie et l’Angola ».