La visite d'Emmanuel Macron aux Îles Marquises, en Polynésie, rappelle étrangement l’ère de la colonisation française. C'est l'esprit qui ressort de cette visite très médiatisée. Accueilli en grandes pompes, le premier Président français à se rendre sur ces îles a montré que les réflexes du colonisateur sont toujours présents.

Macron accueilli en Empereur colonisateur en Polynésie française

Ainsi, dès son arrivée, Emmanuel Macron a été accueilli avec des danses tribales et orné de colliers de coquillages, réduisant le peuple des Îles Marquises à un folklore. Ces cérémonies réservées dans le temps aux empereurs colonisateurs s’avèrent toujours d'actualité. Elles sont l'expression d'une relation de domination de la métropole vis-à-vis de ses colonies.

Emmanuel Macron accueilli comme un messie s'est prêté volontiers à ces cérémonies d'un autre âge.  Cette visite s'apparente plus à une opération médiatique pour soigner son image qu'à une visite de travail pour solutionner les nombreux problème auxquels ces îles sont confrontées.

Macron face aux problèmes réels de la Polynésie

Les Marquisiens vivent de la récolte du coprah (la pulpe de la noix de coco), de la chasse, du tourisme, de la pêche et des postes administratifs. L’artisanat d’art, pratiqué par de nombreux sculpteurs, orfèvres, peintres sur écorce (tapas) est une autre ressource non négligeable.

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Respect des ressources naturelles : une tradition ancestrale polynésienne

Le peuple polynésien dénonce « les dégâts environnementaux occasionnés par un tel développement de la pêche intensive […]. La zone à l’est des Marquises a été identifiée comme une zone de reproduction du thon obèse. Les études scientifiques démontrent que cette espèce a perdu 84% de sa population naturelle dans le Pacifique, et qu’il est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature ».

Les Marquisiens réclament ainsi la création d’une aire marine protégée, dans une zone allant jusqu’à 50 milles nautiques des côtes, le développement d’un écotourisme non destructeur, et le respect du rahui (la limitation volontaire des prélèvements sur les ressources pour préserver la biodiversité). Une tradition en vigueur dans de nombreuses îles isolées de Polynésie.

Les Îles Marquises menacées par la montée des eaux et le réchauffement climatique

La multitude d'îles de la région est en effet menacée par la montée des eaux. Papeete, l’aéroport de Tahiti-Faa’a, la pointe Vénus pourraient disparaître sous les eaux, tout comme l’isthme de Taravao. Par conséquent, la presqu'île de Taiarapu (Tahiti Iti) deviendrait une île à part entière. Les atolls des Tuamotu-Gambier disparaîtraient totalement. Les Marquises sont relativement épargnées sauf l’île de Fatu Hiva qui risque de disparaître. Globalement, avec une montée des eaux de 60 mètres, seule une vingtaine d'îles existerait encore en Polynésie, sur 118 îles actuellement.

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La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave. La population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans la visite du président français.

Macron s'oppose aux éoliennes qui « dénaturent le paysage »

Emmanuel Macron s'est juste contenté de s'opposer aux projets éoliens lorsque ceux-ci « dénaturent le paysage ». « Il y a des endroits où les projets solaires ou éoliens sont bien concertés, bien pensés, s'inscrivent dans le paysage (et qui) sont acceptés par la population et permettent de développer aussi des retours économiques », a toutefois salué le chef de l'État en appelant à ne pas « abîmer le paysage » dans un entretien accordé à Franceinfo.

Macron, reflet de l'esprit colonisateur

Le président français ne répond pas aux questions et problématiques de fond que posent les Marquisiens. Il se contente de petites mesures peu ambitieuse. Macron reflète ainsi l'esprit colonisateur en mettant en avant « la beauté des îles » sans pour autant solutionner les problèmes écologiques concrets qui se posent et qui menacent leurs habitants.