Le procès du journaliste Rabah Karèche a débuté ce jeudi 5 août au tribunal correctionnel de Tamanrasset. Le journaliste, correspondant du journal Liberté, est incarcéré à la prison de Tamanrasset depuis sa mise sous mandat de dépôt le 19 avril 2021. Le procureur de la République a requis 3 ans de prison ferme et une amende de 100'000 dinars à l'encontre du journaliste de Liberté Rabah Kareche.

Officiellement, Rabah Karèche est poursuivi pour « création d'un compte électronique consacré à la diffusion d'informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société, diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d'attenter à l'ordre public et usage de divers moyens pour porter atteinte à la sûreté et l'unité nationale ». Dès le début du procès, selon les journalistes sur place, la séance tourne autour d'un reportage réalisé par Rabah Karèche sur la colère des habitants de Tamanrasset après la création de nouvelles willayas.

À titre d'exemple le procureur demande à Rabah Karèche : « pourquoi avoir choisi le titre : La colère gronde dans le Ahaggar ? Selon vous que va penser le citoyen en lisant ce titre ? Ce titre pouvait être plus simple que ça, vous auriez pu écrire que les citoyens sont sortis pour dénoncer ». Ou encore le procureur demande à Rabah Karèche si c’est lui qui choisit les titres de ses articles ? Rabah Kareche répond que « le titre appartient à la rédaction ».

À lire aussi :  Projet de loi sur l’immigration d’Emmanuel Macron : Tout ce qu’il faut savoir

Ainsi, selon les personnes présentes au procès, le journaliste est effectivement jugé pour un article paru dans le journal Liberté. Ce qui est en contradiction avec la loi qui ne prévoit pas d’emprisonnement de journalistes, or Rabah Karèche a passé pas moins de 108 jours en prison.

Le dossier « Rabah Karèche » est vide selon Mostefa Bouchachi

Hier déjà, Mostefa Bouchachi, un des avocats du journaliste, avait déclaré : « la chose qui m’a attiré dans son dossier, c’est que la justice l’a mis sous mandat de dépôt alors qu’il présente toutes les garanties pour se présenter devant la justice. Sa famille est installée ici et beaucoup de gens le connaissent. Suite à tout ça, il a été choqué lors de sa mise sous mandat de dépôt pour rien d’autre que des articles de presse où il a rapporté des vérités qui effectivement ont eu lieu en cette année 2021 ».

Il avait ajouté en ce qui concerne le dossier d'accusation : « j’ai étudié le dossier qui est sorti de l’instruction et la problématique c’est qu’il n’y a pas de dossier en vérité !  Autrement dit, il n’y a pas de faits qu’on peut considérer comme faits incriminants par la loi. Tout ce qui est cité dans ce dossier est lié à son travail de journaliste où il a couvert des manifestations qui ont eu lieu le 16 et 17 avril 2021 dans cette région ».