Les gigantesques incendies de forêt qui se sont déclenchés depuis vingt-quatre heures dans plusieurs localités de la Kabylie, continuent à faire des ravages. Au bilan macabre des pertes humaines avec de nombreux morts et d'importants dégâts matériels, s'ajoute la détresse des populations locales. Selon les témoignages de plusieurs maires des communes touchées, les populations se trouvent livrées à elles mêmes. 

Dans la commune d'Akbil, wilaya de Tizi Ouzou, les incendies déclenchés la veille continuent à faire des ravages ce mardi dans la majorité des villages. « La situation est catastrophique au niveau de ma commune. Après avoir réussi à maîtriser la majorité des foyers dans la nuit de lundi, les incendies se sont à nouveau déclenchés ce mardi 10 août », affirme le président de l’APC, Hakim Bessadi, dans une déclaration à la Radio Tizi-Ouzou. Selon ses dires, les nouveaux foyers ont touché la majorité des villages de la commune, à savoir Aït Meslayene, Ait Hamsi, Ait Sellane et Ath Bouzid. « Les flammes sont arrivées jusqu’aux maisons », ajoute-t-il.

A Akbil, les citoyens et les travailleurs de la mairie  seuls contre les flammes, se désole le maire

Selon le maire d'Akbil, « c'est grâce à la mobilisation des citoyens de la localité avec les moyens du bord dont dispose la mairie » que des foyers d'incendie ont été maîtrisés. « Nous disposons de deux camions citernes pour éteindre toutes ces flammes qui cernent notre localité », se désole le maire. « Nous n'avons reçu aucun renfort de la part de la Protection civile et ce sont les citoyens et les travailleurs de l'APC qui font encore face aux flammes qui touchent 80% du territoire de la commune », ajoute-t-il.

Dans la localité de Bouzguen, la population est carrément coupée du monde. Selon le maire de cette commune, les citoyens qui font face aux incendies depuis plus de 24 heures ne disposent même pas d’eau pour étancher leur soif. « Nous avons besoin de l’eau. Des gens s’évanouissent en raison du manque d’eau. Je lance un appel pour toute personne disposant d’une citerne de l’acheminer vers Bouzeguen pour permettre aux citoyens de disposer de l’eau. Les commerçants sont priés de nous livrer des bouteilles d’eau car notre population n’a même pas de quoi étancher sa soif », se lamente le maire de Bouzeguen Rachid Oudali.

L’hôpital de Larba Nat Iraten en rupture de médicaments des premiers soins

A Larba Nat Iraten, l’hôpital de la ville se trouve carrément en rupture de médicaments de premiers soins et de logistique de base. Selon un message posté sur Facebook ce mardi après-midi par la cellule de crise installée par des bénévoles pour venir en aide à la population locale, l'hôpital de Larba Nat Iraten a besoin en urgence de tulles gras, de bandages et de Biafine. La cellule de crise fait également appel pour des dons en eau, lait en poudre, biscuits, matelas et draps.

Dans la localité de Aïn El Hammam, les populations de plusieurs villages touchés par les flammes sont livrées à elles-mêmes depuis la nuit de lundi. « Appel d'urgence depuis la ville de Aïn El Hammam (Michelet). S'il vous plaît, les citoyens du village Azrou sont carrément bloqués et encerclés par les feux. Ils ne peuvent pas sortir du village ni de la ville de Michelet. Il n'y a pas de transport et la route est bloquée », lit-on dans un message postée sur Twitter ce mardi 10 août.