Les autorités algériennes semblent décidées à en finir avec le réseau social Facebook, ou du moins en restreindre sa portée chez les dizaines de millions d’Algériens qui l’utilisent au quotidien dans leur quête de l'information et à ses échanges sur ce réseau planétaire.   

C’est un réquisitoire sévère que vient d’adresser le gouvernement algérien contre le réseau social Facebook. Dans un communiqué, publié jeudi 12 août, le ministère de la Communication a accusé la société américaine de devenir « une arme contre le peuple et l’État » et d’être « au service des intérêts de lobbies hostiles et de leurs sbires ». Une sorte de déclaration de guerre contre un réseau social utilisé par des dizaines de millions d’Algériens.

L'Algérie est « déterminée à défendre sa souveraineté numérique nationale » selon Amar Belhimer

L'Algérie est « déterminée à défendre sa souveraineté numérique nationale et protéger son peuple contre les activités et les plans subversifs que renferment des contenus relayés récemment sur Facebook », a affirmé jeudi 12 août le ministère de la Communication dirigé par Amar Belhimer dans un communiqué adressé à l’agence officielle APS.

« Les contenus relayés ces derniers jours sur Facebook constituent une atteinte et une menace aux intérêts et à la renommée de l'Algérie », souligne le ministère, précisant que l'État « est déterminé à prendre toutes les mesures et procédures légales contre cette Compagnie pour l'amener à traiter l'Algérie au même titre que les autres pays ».

« Facebook est au service des intérêts de lobbies hostiles et de leurs sbires »

« Conformément aux déclarations officielles de ses créateurs, Facebook utilise des algorithmes qui contrôlent la portée des publications », ce qui en fait « une arme dirigée contre les peuples et les États au service des intérêts de lobbies hostiles et de leurs sbires », d'ailleurs « multiples sont les exemples impliquant l'Algérie et dont on peut vérifier la véracité », ajoute le ministère dans son communiqué.

Le département de la Communication rappelle qu' « il y a un peu plus d'un mois, les Algériens avaient célébré la fête de l'indépendance et constaté, encore une fois, que les images odieuses de la colonisation avaient été masquées pour la seule et unique raison d'empêcher le peuple algérien de faire connaître l'histoire de son pays ».

« L’Algérie est déterminée à protéger les intérêts de son peuple contre tous les plans et activités subversifs »

Affirmant que « l'État algérien est déterminé à défendre ses droits et la souveraineté nationale », le ministère de la Communication a assuré que « le Gouvernement, tout en étant conscient de l'importance des nouvelles technologies de la communication, demeure déterminé à défendre la souveraineté numérique nationale et à protéger les intérêts de son peuple contre tous les plans et activités subversifs », a conclu le communiqué.

Cette sortie du ministère de la Communication intervient quelques jours après la déclaration controversée du chef de l'État Abdelmadjid Tebboune qui a sévèrement critiqué l'usage de Facebook en Algérie. Dans la soirée du dimanche 8 août, Tebboune a mis en garde, lors d'un entretien avec des représentants de la presse, les Algériens contre les informations provenant de Facebook.

« Je mets en garde les citoyens contre Facebook » affirme Abdelmadjid Tebboune

« Je mets en garde les citoyens contre Facebook, il provient d’un pays qui ne veut pas du bien à l’Algérie », a affirmé Abdelmadjid Tebboune. Dans ce cadre, le Chef de l'État a mis en garde contre « les rumeurs qui prolifèrent dans les réseaux sociaux » autour de différents secteurs et « exploitent la conjoncture sanitaire actuelle » pour semer la « terreur » dans l'esprit des citoyens en « diffusant des fakenews et des vidéos truquées ».

En plus d'être « une arme utilisée par ceux qui veulent déstabiliser l'Algérie par le biais des réseaux sociaux », les rumeurs « attentent à la sécurité nationale, ce qui nous a amenés à la création d'un Pôle pénal dédié à la lutte contre les crimes cybernétiques », a ajouté M. Tebboune.

Abdelmadjid Tebboune a fait état, à cet égard, de « moyens ultra sophistiqués » en possession de l'Algérie qui « seront mis à la disposition de ce Pole pénal à compétence nationale », assurant d'une « politique de tolérance zéro à l'égard des tentatives d'atteinte à l'unité nationale et à la stabilité de l'Algérie ».