Depuis l’ouverture en 2016, à titre expérimental, de deux salles de shoot pour les consommateurs de drogue, une à Marseille et une autre à Strasbourg, le débat sur la question de la généralisation ou non de ces structures refait toujours surface en France. Que ce soit chez les professionnels de la santé où dans la classe politique, le débat sur la question n’en finit pas.

En effet, deux députés du Parlement français chargés d'une mission flash ont indiqué, ce mardi 14 septembre, que les salles de shoot, appelées officiellement salles de consommation à moindre risque (SCMR), pour toxicomanes sont « utiles et efficaces », mais doivent être « implantées de préférence dans des quartiers où la consommation est déjà active », rapporte l’AFP.

Le dispositif légal autorisant les salles de shoot en France « doit être maintenu » selon une mission du Parlement

Demandant à leurs collègues de « ne pas parler de salle de shoot, terme péjoratif pour les personnels du secteur, mais aussi pour les usagers », les rapporteurs, Caroline Janvier (LREM) et Stéphane Viry (LR), considèrent que le dispositif légal autorisant les SCMR « doit être maintenu, et qu'il est pertinent pour prendre en charge les usagers de crack », ont-ils expliqué, mardi 14 septembre, devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale.

Cette dernière les avait chargés de cette mission en vue du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). « Ces salles doivent être pérennisées, mais pas généralisées », a dit Mme Janvier alors que le cadre expérimental qui autorise les SCMR depuis 2016 arrive à son terme en 2022. Deux structures ont été montées en France, une à Strasbourg et une Paris.

Anne Hidalgo veut installer 4 nouvelles salles de shoot à Paris

« Ces salles ne peuvent se concevoir que dans un parcours médical complet », car leur but « n'est effectivement pas de sevrer des toxicomanes », a dit M. Viry, préconisant notamment de « développer les lits en addictologie pour permettre le sevrage » et « les lieux de postcure ».

Ces SCMR « doivent être issues d'initiatives locales, portées par les municipalités et conçues en concertation avec les forces de l'ordre, le voisinage, les usagers, les professionnels de santé du quartier », disent encore les rapporteurs.

Le sujet provoque de fortes tensions dans le Nord-est parisien, où la maire PS Anne Hidalgo a proposé au Premier ministre Jean Castex quatre nouvelles salles de shoot, sans évoquer d'éventuels lieux de consommation, afin de sortir les consommateurs de crack « de la rue et de leur dépendance ».