Recteur de la Grande mosquée de Paris : « La laïcité représente une chance pour l'islam »

Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, fait beaucoup parler de lui ces derniers jours dans les médians en France. Connu pour son opposition farouche aux islamistes, le premier responsable de la plus grande mosquée en France a publié le 16 septembre dernier un  « manifeste contre le terrorisme islamiste ». Un ouvrage qui rappelle « ce qu’est véritablement l’islam », ce qu’il faut rétorquer « aux zélateurs de la haine ou à leurs proies, endoctrinées ».

Dans un entretien accordé ce samedi 25 septembre au magazine Jeune Afrique, le recteur de la Grande Mosquée de Paris a tenu encore une fois à mettre les points sur les i à propos de plusieurs sujets concernant l’Islam et les musulmans en France, mais aussi dans les pays musulmans.

« Il n’y a pas de modérés en islamisme, comme il n’y a pas de musulmans modérés »

Conseillé pendant vingt ans de l’ancien recteur de la Grande Mosquée de Paris (GMP) Dalil Boubakeur, le Franco-Algérien Chems-Eddine Hafiz a pris en janvier 2020 la tête de la GMP. Depuis, cet avocat fait parler de lui au sein d’une frange musulmane en France, en raison notamment de ses positions anti-islamistes.

« Il n’y a pas de modérés en islamisme, comme il n’y a pas de musulmans modérés : il y a des musulmans comme moi, et il y a l’islamiste, qui va instrumentaliser la religion à des fins de pouvoir. Après le 11 septembre, ce sont les islamistes qui ont établi les normes du bon et du mauvais musulman, que je suis à leurs yeux », affirme-t-il sans détour dans les colonnes de Jeune Afrique.

« Alors que les valeurs de l’islam sont l’éthique, la bienveillance, l’humilité et la compassion, l’islamiste, lui, estime être seul dans le vrai, et place son projet de pouvoir au-dessus de tout. C’est une approche totalitaire », explique-t-il.

« Nous sommes, en France, dans un pays où l’on peut critiquer toutes les religions sans problème »

Pour Cherms-Eddine Hafiz, l’islamophobie est un terme galvaudé, allant jusqu'à nier son existence en France. « On m’a attaqué parce que je n’aime pas ce terme, mais il prête à discussion et je n’aime pas les ambiguïtés. On y trouve notamment la dénonciation de la critique de l’islam alors que nous sommes, en France, dans un pays où l’on peut critiquer toutes les religions sans problème »,affirme-t-il.

« Il faut aussi arrêter de l’invoquer pour parler d’un racisme d’État qui n’existe pas en France : il n’y a aucune volonté de discriminer ou de mettre de côté une communauté. J’ai entendu des gens dire que la justice est islamophobe, il faut arrêter ! », ajoute-t-il.

« La grande majorité des musulmans en France sont heureux de vivre dans un État de droit »

« Il y a cependant des actes antimusulmans, leur taux augmente et il serait idiot de ne pas le voir et de ne pas le déplorer », reconnait le recteur de la Grande Mosquée de Paris.

« Mais la grande majorité des musulmans qui vivent en France sont heureux de vivre dans un État de droit, une démocratie. Il faut que tous les musulmans s’approprient cette citoyenneté », précise-t-il.

Chems-Eddine Hafiz qui reconnait que « le séparatisme islamiste existe dans de nombreux quartiers où des populations vivent tout à fait en dehors de la société française » se dit convaincu « qu’en mettant tous les cultes à égalité et à équidistance des pouvoirs publics, la laïcité représente une chance pour l’islam ».

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