La France a décidé de durcir les conditions d'obtention des visas pour les ressortissants du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie qui « refusent » de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires au retour des migrants refoulés de France, a annoncé ce mardi 28 septembre 2021 le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal.

Emmanuel Macron a en effet décidé de diviser par deux le nombre de visas délivrés pour l'Algérie et le Maroc, et de 30% pour la Tunisie par rapport à 2020, a précisé un conseiller de l'exécutif, hier mardi 28 septembre au Figaro.

La décision a été prise à la suite des difficultés rencontrées par la France pour renvoyer dans leurs pays les ressortissants faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire.

La France justifie sa décision par le manque de coopération des deux pays

En Algérie, seulement 22 obligations de quitter le territoire ont été effectivement appliquées sur 7731 décisions ordonnées par la justice entre janvier et juillet 2021.

Concernant le Maroc, 3301 ressortissants ont reçu une obligation de quitter le territoire, et seuls 80 ont été expulsés dans les faits. Tandis qu'en Tunisie 3424 ressortissants ont reçu une obligation de quitter le territoire, une décision appliquée à 131 d'entre eux.

« La décision de la France est injustifiée » selon le Maroc

Cette décision du gouvernement français a fait réagir son homologue marocain, par la voix du ministre des Affaires étrangères, Nacer Bourita.

À lire aussi :  Le Maroc profite de la faiblesse du gouvernement espagnol

« Le Maroc a toujours agi avec responsabilité face à la question de l'immigration clandestine. La décision de la France est injustifiée pour diverses raisons », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, le mardi 28 septembre, lors d'un point de presse à Rabat

« Il s'agit là d'une affaire franco-française », a lancé le ministre, « car il est inapproprié de dire pour la France que le Maroc refuse de délivrer des laissez-passer aux clandestins arrêtés sur le sol français », ajoute-t-il.

« Il s'agit là d'une affaire franco-française », affirme Nacer Bourita

Selon Nacer Bourita au cours de ces derniers mois, « les consulats du Maroc en France ont délivré ces derniers mois près de 400 laissez-passer » aux ressortissants marocains concernés par les mesures d’expulsion.

Le ministre a également mis en exergue l'absence de tests PCR des personnes qui font l'objet d'un refoulement du territoire français. « La France doit assurer un test PCR avant tout embarquement dans l'avion. Or, ces personnes en sont démunies », a affirmé à ce propos le chef de la diplomatie marocaine.