L'Algérie n'a pas tardé à réagir aux propos du président français Emmanuel Macron tenus le 30 septembre dernier devant des descendants d'acteurs de la Guerre d'Algérie et rapportés samedi par la presse française. Après avoir rappelé son ambassadeur à Paris, Alger a rendu public un communiqué à travers lequel elle a fustigé le locataire de l'Élysée.

« À la suite des propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribué nommément au Président de la République française, l'Algérie exprime son rejet catégorique de l'ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures que constituent lesdits propos », peut-on lire dans le communiqué de la présidence de la République algérienne. Et d'ajouter : « Les propos en question portent une atteinte intolérable à la mémoire des 5'630'000 valeureux martyrs qui ont sacrifié leurs vies dans leur résistance héroïque à l'invasion coloniale française ainsi que dans la glorieuse Révolution de libération nationale ».

« Les crimes de la France coloniale en Algérie sont innombrables »

L'Algérie a tenu à rappeler que « les crimes de la France coloniale en Algérie sont innombrables et répondent aux définitions les plus exigeantes du génocide contre l'humanité ». Pour la présidence algérienne, « ces crimes qui ne sont pas prescriptibles, ne sauraient faire l'objet d'une manipulation des faits et d'interprétations atténuantes ».

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La même source estime que « la propension des nostalgiques de l'Algérie française et des milieux qui se résignent difficilement à l'indépendance pleine que les Algériens ont gagnée de haute lutte, s'exprime à travers de vaines tentatives d'occulter les exactions, massacres, enfumades, destructions de villages, des centaines de Oradour-Sur-Glane, éradications de tribus de résistants, qui sont des génocides en séries que les acrobaties conceptuelles et les raccourcis politiques ne parviendront jamais à occulter ».

Le communiqué souligne que « pour leur part, les appréciations superficielles, approximatives et tendancieuses énoncées en ce qui concerne l'édification de l'État national algérien ainsi que sur l'affirmation de l'identité nationale relèvent d'une conception hégémonique éculée des relations entre États et ne sauraient, en aucune façon, être compatibles avec le ferme attachement de l'Algérie à l'égalité souveraine des États ».

« Rien ni personne ne peut absoudre les puissances coloniales de leurs crimes »

Pour Alger, « cette malencontreuse intervention qui heurte fondamentalement les principes devant présider à une éventuelle coopération algéro-française en matière de mémoire, a l'incorrigible défaut de tendre vers la promotion d'une version apologique du colonialisme au détriment de la vision établie par l'Histoire de la légitimité de luttes de la libération nationale, alors que rien ni personne ne peut absoudre les puissances coloniales de leurs crimes, y compris les massacres du 17 octobre à Paris dont l'Algérie et sa communauté établie en France s'apprêtent à commémorer dans la dignité ».