Un Algérien s'est tué, dimanche matin, après une longue course-poursuite avec la police suisse, dans le canton de Berne. Le jeune ressortissant algérien, probablement sans-papiers, se trouvait à bord du véhicule en compagnie de quatre autres algériens blessés dans l'accident.

En effet, selon le journal suisse Le Matin, la course-poursuite entamée dans la ville de Bienne s'est prolongée sur une vingtaine de kilomètres. Elle a eu lieu dimanche matin vers 5 heures à bord d'un véhicule volé, selon les déclarations de la police cantonale, qui n'a pas souhaité donner plus de détails, particulièrement sur l'identité des victimes de l'accident. « Nous n’entrons pas plus dans les détails », tranche un porte-parole de la police.

Selon les rares indications de la police, le conducteur a fui un contrôle de la police à Bienne parce qu'il était au volant d'une voiture volée. 20 kilomètres plus loin, près du village d'Anet, le véhicule a fait une embardée mortelle pour l'un des cinq occupants. Les éléments de la police ont aussi trouvé divers objets de valeur « probablement dérobés ». Aucun autre détail n'a été ajouté par la police, qui s'est même refusé de préciser si l'Algérien tué et les quatre autres blessés étaient jeunes ou moins jeunes, des hommes ou des femmes.

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« Leur but est souvent d'aller en France et ils se fichent donc pas mal de la Suisse »

Le média helvétique a aussi parlé d'un député bernois d'origine algérienne, en l'occurrence Mohamed Hamdaoui, qui s'est dit attristé par le drame. « Ça me fait mal. Malheureusement, ça ne m'étonne pas », a-t-il réagi avec beaucoup de tristesse. Pour lui, ce n'est pas étonnant parce que c'est ce qui se passe autour des centres fédéraux pour requérants d'asile de tous les cantons suisses, y compris celui de Lyss/Kappelen, à Berne.

Les centres fédéraux d’asile comme celui de Lyss/Kappelen accueillent des requérants d’asile qui font l’objet d’une décision de renvoi et doivent quitter la Suisse. Pour le député Andreas Hegg : « leur demande d’asile refusée, ils doivent quitter la Suisse et s’opposent à leur départ ou à leur renvoi, ce qui soulève de sérieux problèmes. Ils n’ont donc rien à perdre et commettent délit sur délit, insensibles aux injonctions policières, aux décisions de justice et aux brèves incarcérations. lls font souvent preuve d’arrogance et de défiance vis-à-vis de la police ».

« C’est un secret de Polichinelle : parmi ces délinquants figurent des jeunes originaires d’Afrique de Nord. Leur but est souvent d’aller en France et ils se fichent donc pas mal de la Suisse et de ses habitants. Bien souvent en échec scolaire ou social chez eux, ils ne veulent pas rentrer au bled en ayant le sentiment d’avoir aussi échoué ici. Je peux les comprendre. Alors, ils sont parfois capables de tout. C’est un immense défi », ajoute de son côté Mohamed Hamdaoui.