Le scandal Pegasus, qui a éclaté autour de ce logiciel de fabrication israélienne utilisé par de nombreux pays pour l'espionnage, a ébranlé en juillet dernier la planète entière. Révélé par un consortium de médias, l'affaire a vu l'implication de nombreux pays, qui ont recouru à ce logiciel appartenant au groupe israélien NSO pour espionner des centaines de milliers de personnes, y compris de hauts responsables.

Le logiciel Pegasus est un programme informatique fabriqué par la firme israélienne NSO Group. C'est un logiciel qui permet notamment de pirater des appareils téléphoniques et d'en extraire les données, tout en surveillant l'activité de leur utilisateur. De l’Algérie à la France, en passant par le Brésil et les États-Unis, des dizaines de pays et des milliers de personnes, dont des journalistes, des chefs de partis, des défenseurs de droits de l'Homme, des responsables militaires, des hommes d’affaires, des chefs d'État et des ministres ont été victime de ce « mouchard » fabriqué par une firme israélienne. Selon l’enquête d’un consortium de 17 médias, publiée en juillet dernier, le logiciel a espionné depuis son lancement en 2016 plus de 50 000 numéros de téléphone dans le monde.

Le groupe israélien NSO sur la liste noire des États-Unis

Plusieurs enquêtes judiciaires sont ouvertes dans de nombreux pays pour suivre cette affaire d’espionnage qui a déclenché  une véritable guerre diplomatique entre de nombreux États et dont les relents sont encore palpables à ce jour. Près de 4 mois après la divulgation de cette affaire, les États-Unis, pourtant grands alliés d'Israël, ont décidé de passer à l'acte.

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En effet, le ministère américain du Commerce a annoncé, le mercredi 3 novembre, avoir ajouté NSO Group, la firme israélienne qui fabrique le logiciel d'espionnage Pegasus, à sa liste des entreprises interdites. Le groupe israélien constituerait une menace pour la sécurité nationale des États-Unis, précise l'AFP.

« Les États-Unis sont déterminés à utiliser de manière incisive le contrôle des exportations pour responsabiliser les entreprises qui développent, commercialisent ou utilisent des technologies à des fins malveillantes, qui menacent la cybersécurité des membres de la société civile ou du gouvernement, des dissidents, et d’organisations basées ici et à l’étranger », a déclaré à ce propos la ministre du Commerce des USA, Gina Raimondo.