Le journaliste algérien Abdou Semmar, rédacteur en chef du média Algérie Part, figure sur la liste des personnes ciblées par le Maroc grâce au logiciel espion Pegasus, d’après le regroupement de journalistes d’enquête OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project).

Ainsi, le téléphone du journaliste algérien Abdou Semmar aurait été infecté par le logiciel espion Pegasus mandaté par le Maroc. C’est ce qu’a révélé l’OCCRP, qui a publié le 19 juillet 2021 une liste préalable de journalistes, d’activistes, d’académiciens, d’avocats, de politiciens, d’officiels et d’hommes d’affaires ayant été ciblés, avec ou sans succès, grâce au logiciel Pegasus, développé par l’entreprise israélienne NSO Group.

Des journalistes et des personnalités publiques ciblées par Pegasus

Sur la liste mise en ligne par l’OCCRP figurent pas moins de 188 journalistes de par le monde, dont Khadija Ismayilova, une journaliste d’investigation azerbaidjanaise longuement persécutée par son gouvernement, ainsi que des téléphones appartenant à des femmes proches du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite.

L’enquête révèle par ailleurs que Pegasus a été utilisé par le Maroc pour surveiller des journalistes et des patrons de presse au Maroc, mais aussi en France et en Algérie. Sur la liste figurent le polémiste Éric Zemmour et des journalistes marocains, comme Omar Radi, condamné au Maroc à 6 ans de prison. La liste algérienne de ces cibles est longue ; entre autres, des hommes proches de l’État, des oligarques et la famille de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika y figurent.

Abdou Semmar poursuivi et condamné en Algérie

Rappelons qu’un mandat d’arrêt international avait été émis en avril 2021 par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed à l’encontre de Abdou Semmar, qui s’est installé en France après son incarcération en 2018. Accusé cette fois dans une affaire de corruption en lien avec l’investisseur algérien Mehieddine Tahkout, le journaliste et rédacteur en chef du média francophone Algérie Part est condamné à 5 ans de prison ferme et 500’000 dinars d’amende.