Un journaliste a été condamné à la prison ferme au Maroc. Il s’agit de Omar Radi, également défenseur des droits de l’Homme, qui a écopé de 6 ans de réclusion. Le verdict, qui a été prononcé ce lundi 19 juillet 2021 par la cour de Casablanca, a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et chez les organisations et militants des droits humains. 

Âgé de 35 ans, le journaliste est placé en détention provisoire depuis juillet 2020. Il est poursuivi dans deux affaires. Une première liée à l’espionnage, où il est accusé d’ «atteinte à la sécurité intérieure de l’État » et d’avoir reçu des « financements étrangers » en lien avec « des services de renseignement ».

Omar Radi : « Le parquet est motivé par la vengeance »

Dans la seconde affaire, Omar Radi  est poursuivi pour « viol » à la suite d’une plainte déposée par une de ses collègues. Le journaliste a nié toutes ces accusations. Il a ainsi soutenu qu’il était poursuivi après un rapport d’Amnesty Internationale. « Le parquet est motivé par la vengeance et non par la quête de la vérité », a-t-il déclaré lors de l’audience devant le tribunal de Casablanca.

Concernant le procès intenté contre lui pour viol, le reporter a indiqué qu’il s’agissait d’une  « relation librement consentie » qu’il entretenait avec sa collègue. Cette dernière a soutenu cependant le contraire.

Un autre journaliste condamné au Maroc : Imad Stitou

Un autre journaliste a par ailleurs été condamné à la prison par la même cour ce lundi. il s’agit d’Imad Stitou, qui a écopé d’une année de prison, dont 6 mois ferme. Le journaliste était poursuivi dans la dans la même affaire, rapportent les mêmes sources. Selon plusieurs médias, ce dernier avait d’abord été présenté comme l’unique témoin à décharge dans l’affaire de viol avant d’être poursuivi en état de liberté au cours de l’instruction.

L’emprisonnement de ces journalistes au Maroc vivement critiqué

Ces deux condamnations ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Les militants et les défenseurs des droits de l’Homme affirment qu’il s’agit d’une « violation des droits humains » et une « atteinte à la liberté d’expression » au Maroc.

Pour rappel, la justice marocaine a condamné, il y a à peine quelques jours, le journaliste Soulaimane Raissouni, âgé de 49 ans, à 5 ans de prison pour « agression sexuelle ». Les États-Unis, par le biais de leur porte parole Edward Price, a sévèrement critiqué, le 12 juillet dernier, la condamnation de Soulaimane Raissouni et ont appelé le Maroc à protéger la liberté de la presse dans le Royaume.