À son 93e jour de grève de la faim pour protester contre sa détention, le journaliste marocain Soulaimane Raissouni a été condamné à 5 ans de prison ferme dans un procès qui a défrayé la chronique.

En effet, plusieurs organisations de la défense des droits humains ont dénoncé un « procès politique » et également l'acharnement judiciaire qu'a subi le journaliste en grève de la faim.

Ainsi, le procès a tout de même eu lieu malgré l'absence du journaliste. La justice marocaine a condamné Soulaimane Raissouni, âgé de 49 ans, à cinq ans de prison pour « agression sexuelle ». Le journaliste a été placé en détention depuis mai 2020, suite à une plainte d’un militant LGBT pour « agression sexuelle ». Des faits que le journaliste a toujours contestés. Depuis son incarcération plusieurs organisations ont dénoncé un « procès politique ». De son côté le plaignant rejette ces accusations et réfute le fait d’être « instrumentalisé politiquement ».

Suite à cette condamnation, plusieurs voix se sont élevées dans la salle pour protester contre ce verdict. « C’est une boucherie judiciaire, comment peut-on condamner un accusé en son absence ? C’est du jamais vu ! Le verdict est à l’image de ce procès », a déclaré à l’AFP Me Kandil Miloud, un des avocats de M. Raissouni, à la sortie de la salle d’audience. La défense ne plaidait plus depuis mardi pour protester contre le refus du juge d’hospitaliser puis de faire venir l’accusé, qui n’a pas été auditionné par la Cour.

Le journaliste Soulaimane Raissouni en danger de mort

Il faut souligner que Soulaimane Raissouni, rédacteur en chef du journal Akhbar Al Youm, est poursuivi pour « agression sexuelle » après une plainte déposée par un militant LGBT. Arrêté fin mai 2020, il dit avoir perdu, depuis cette date, plus de 35 kg, dont 18 kg pendant sa grève de la faim, lancée pour dénoncer la « grande injustice » de sa détention préventive. Son état de santé se dégrade de jour en jour. Il est en danger de mort.

« Je suis prêt, voire avide, de ce procès (…) qu’il soit devant la Cour ou devant le tribunal de Dieu », a-t-il écrit a deux semaines dans une lettre dictée à ses avocats et partagée par son épouse sur Facebook. La justice a rejeté toutes ses demandes de remise en liberté, malgré une forte mobilisation au Maroc et à l’international.

Il faut rappeler que les éléments de ce quotidien indépendant font souvent l’objet d’accusations et de persécution de la part de la police et des services de renseignement de Mohammed VI. D’ailleurs, Soulaimane Raïssouni n’est autre que l’oncle de la journaliste Hajar Raïssouni qui a été condamnée dans une affaire d’avortement illégal, avant d’être graciée.