Les relations diplomatiques très compliquées entre l'Algérie et la France ont eu un effet négatif sur l'enseignement et l'utilisation de la langue française en Algérie. En effet, depuis la dernières crise, des départements ministériels et administrations ont décidé d'interdire l'utilisation de la langue de Molière. Plusieurs cadres ont exprimé leur étonnement sur des instructions soudaines qui leur imposent l'utilisation d'autres langues alors qu'ils ont toujours travaillé en français. 

Ainsi, la langue française est dans le collimateur des autorités algériennes. Nacer Mahfouf, cadre d’une caisse de la Sécurité sociale, a affirmé dans les colonnes du journal La Croix qu'une note de son ministère de tutelle leur interdit l'utilisation du français.

Cette instruction indique qu'aucun rapport, étude ou correspondance « autre qu’en langue nationale » ne sera plus accepté. Pour ce cadre, qui a toujours travaillé en français, il est impossible de se mettre a travailler en arabe.  Nacer Mahfouf conclut : « Si mon directeur veut prendre des traducteurs, à la charge de la caisse, c’est son problème. Moi, je continue de travailler comme avant ».

En Algérie, les écoles privées ne pourront plus enseigner le programme français

Par ailleurs, les écoles privées ont aussi été instruites de ne plus enseigner le programme français. À Tipaza, « des gendarmes se sont présentés dans plusieurs écoles de la wilaya de Tipaza en novembre pour vérifier les enseignements », affirme une directrice au même journal.

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Nous avons vérifié l'information à Tizi-Ouzou. Une directrice d'une école spécialisée dans l'enseignement du programme français nous a affirmé que le jeudi 2 décembre, une commission s'est rendue dans son école. La directrice ne sait plus quoi faire, étant donné que les parents inscrivent leurs enfants dans cette école justement pour le programme français. Elle nous a révélé que ladite commission lui a signifié que l'enseignement du programme français est interdit et que si l'école continue à le faire, elle perdrait son agrément.

Une enseignante dans une autre école privée nous a confirmé l'information. « On a fait savoir aux enfants qu'ils ne devront plus venir à l'école avec les cahiers et les livres qui contiennent le programme français. Pour l'instant, nous continuons à enseigner pour tenir les engagement de l'école. Mais nous ne pouvons plus enseigner en cachette », témoigne cette enseignante, qui a tenu à préserver l'anonymat.