Les relations entre l’Algérie et la France ont subi un grand coup de froid suite aux propos tenus, le 30 septembre, par le président français à l'égard de l'Algérie et du régime algérien, qu'il a qualifié de « militaro-politique ». La crise a atteint son paroxysme avec une série de mesures inédites prise par l’Algérie contre la France. Les autorités algériennes, qui ont rappelé l'ambassadeur en France, sont allées jusqu'à fermer l’espace aérien du pays aux avions miliaires français.

Depuis la sortie controversée d’Emmanuel Macron, plusieurs dirigeants - à leur tête le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune - se sont exprimés sur la question, en rendant à chaque fois la France comme responsable de cette crise entre les deux pays. Dans un entretien accordé au magazine allemand Der Spiegel, le 25 octobre dernier, Abdelmadjid Tebboune a critiqué les propos de son homologue français, qu'il a qualifiés de graves. « On ne touche pas à l'histoire d'un peuple, on n'humilie pas les Algériens », avait-il déclaré, affirmant que « Macron a blessé la dignité des Algériens ».

Dans le même entretien, Abdelmadjid Tebboune a fait savoir qu’il ne fera pas « le premier pas » pour apaiser la tension entre l’Algérie et la France, ce qui a fait croire à de nombreux observateurs des deux côtés de la Méditerranée qu’il n’y aura pas de perspectives de dénouement,  dans l’immédiat, de la crise entre Alger et Paris. Certaines informations sont allées jusqu’à affirmer que l’Algérie aurait décidé de suspendre toute relation avec la France.

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En effet, dans son édition du 14 novembre, le quotidien panarabe Al-Araby Al-Jadeed a révélé que « les autorités algériennes ont décidé de suspendre toutes les rencontres et réunions prévues avec la partie française, et de geler les contacts diplomatiques avec Paris ». Des sources ont révélé à ce quotidien que « Abdelmadjid Tebboune a ordonné au ministère des Affaires étrangères de geler tous les contacts diplomatiques avec la partie française », en riposte aux propos tenus par Emmanuel Macron contre l'Algérie.

« L’établissement de relations avec la France ne sera pas synonyme de placement sous sa tutelle », affirme Tebboune

Questionné à nouveau, le vendredi 26 novembre, sur les relations algéro-françaises, lors de son entrevue périodique avec les représentants de médias nationaux, le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune a répondu que « le retour à la normale des relations algéro-françaises est inéluctable » tout en précisant que le « retour à la normale » ne se fera pas sans condition. Pour le chef de l’État algérien, les relations entre l’Algérie et la France doivent désormais obéir à un traitement d’égal à égal.

« L’autre partie (la France, NDLR) doit comprendre que le traitement d’égal à égal n’est nullement une provocation, mais plutôt un garant de la souveraineté d’un pays, arrachée au prix de 5 630 000 martyrs tombés au champ d’honneur entre 1830 et 1962 », a précisé Abdelmadjid Tebboune en ajoutant que « l’établissement de relations avec la France ne sera pas synonyme de placement sous sa tutelle » et que « l’Algérie ne tolérera aucun diktat ».