La fermeture de la Grande mosquée de Beauvais pour radicalisme a été actée. La préfecture de l'Oise a en effet signé, le lundi 27 décembre 2021, l'arrêté notifiant la fermeture du lieux de culte pour une durée de 6 mois.

La procédure de fermeture de la mosquée de Beauvais a été lancée il y a plus d'une semaine. La décision a été annoncée le 14 décembre dernier par le ministre de l'Intérieur français Gerald Darmanin. « Aujourd'hui, nous avons enclenché la fermeture de la mosquée de Beauvais (qui est) tout à fait inacceptable, qui combat les chrétiens, les homosexuels, les juifs », avait déclaré le ministre de l'Intérieur dans l'émission L’Heure des Pros sur la chaîne d'information CNews.

L'association Espoir et fraternité, qui gère ce lieu de culte, avait 10 jours pour se défendre et tenter de convaincre les responsables concernés sur le non fondé des accusations portées contre elle et l'auteur des prêches incriminés. « Dans le cadre de la procédure contradictoire, un courrier a été transmis en fin de semaine dernière notifiant la décision envisagée, nous sommes actuellement dans le délai de 10 jours accordé pour toutes observations », avait indiqué alors la préfecture de l'Oise.

Les dirigeants de la mosquée de Beauvais peu convaincants

Ainsi donc, ladite association n'a pas pu convaincre. « Les propos incriminés ont été sortis du contexte », a tenté d'expliquer son avocat cité par Le Parisien. Soutenant l’imam qui évoquait « les guerres du passé » en parlant du djihad. « La mosquée œuvre depuis trente ans au vivre-ensemble dans la tolérance et le respect des religions de chacun sans jugement ni quelconque incitation à la haine », soutiennent en outre les membres de la même association.

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Des prêches antirépublicains à la mosquée de Beauvais ?

La préfecture ne l'a pas entendu de cette oreille. « Depuis plusieurs mois, un imam de cette mosquée fait des prêches antirépublicains où il explique que les lois religieuses sont prioritaires par rapport aux lois de la République. Il y a aussi eu une apologie du djihad, ce qui peut être considéré comme un appel au terrorisme et des propos discriminants envers les homosexuels et les femmes », a tenu à rappeler Corinne Orzechowski, préfète de l’Oise citée par le même journal.

Notons en fait qu'il s'agit d'une énième mosquée qui a été fermée en France pour radicalisme. « 99 mosquées étaient soupçonnées de séparatisme sur les 2620 lieux de culte musulmans établis en France. À ma demande, ces 99 mosquées ont toutes été contrôlées au cours de ces derniers mois », a affirmé début décembre Gerald Darmanin. Selon le ministre de l’Intérieur, 21 mosquées sur les 99 soupçonnées de séparatisme ont été fermées et 6 sont en cours d’instruction pour leur fermeture.