Depuis l’adoption de la Loi sur le séparatisme, l’été dernier, les autorités françaises intensifient les contrôles des lieux de culte musulman afin de lutter contre l’islamisme et le discours radical en France. Plusieurs mosquées ont été déjà fermées alors que d’autres sont sous surveillance accrue des autorités.  

La loi du 24 août 2021, confortant le respect des principes de la République, dite aussi « Loi contre le séparatisme » a été adoptée par le parlement français le 23 juillet 2021. L’objectif de cette loi est de cibler tout projet organisé « en marge de la République et contre la République ». Cette loi vise notamment « l'islam politique » en France. La loi sur le séparatisme donne le pouvoir aux préfets de « suspendre » les associations qui manqueraient à la « neutralité du service public » ou qui tiendraient des « discours qui soient contraires à la République ».

Dans le sillage de cette loi, les autorités françaises ont intensifié les contrôles sur de nombreuses associations et lieux de culte liés à l’Islam en France. Plusieurs mosquées ont été fermées et des imams suspendus en raison de leurs discours où actions jugés contraires aux lois de la République. À ce propos, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a révélé, dimanche 12 décembre, que près d'une centaine de mosquées en France sont soupçonnées de séparatisme.

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21 mosquées sur les 99 soupçonnées de séparatisme déjà fermées en France

Invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le ministre de l’Intérieur s’est montré intransigeant vis-à-vis de certains responsables de ces lieux de culte, tout en réaffirmant l’engagement de l’État à lutter contre les promoteurs de l’islamisme en France. « 99 mosquées étaient soupçonnées de séparatisme sur les 2620 lieux de culte musulmans établis en France. À ma demande, ces 99 mosquées ont toutes été contrôlées au cours de ces derniers mois », affirme Gerald Darmanin.

Selon le ministre de l’Intérieur, 21 mosquées sur les 99 soupçonnées de séparatisme ont été fermées et 6 sont en cours d’instruction pour leur fermeture. D’autre part, le ministre a révélé que dans 36 autres mosquées « les contrôles ont permis de démontrer que la loi de la République y était strictement respectée », ce qui a conduit les autorités à les retirer de la liste. Selon Gérald Darmanin « ces mosquées ont par exemple décidé de se séparer d’un imam que nous considérions comme dangereux ou d’en finir avec des financements étrangers ».

Tout en affirmant que « le droit du culte est extrêmement protégé par la République », le ministre de l’Intérieur a tenu à rappeler que les mosquées soupçonnées de séparatisme continuent d’être contrôlées. « Nous ne confondons évidemment pas la partie minoritaire des lieux de culte soupçonnés de séparatisme avec l’immense majorité des musulmans de France qui ne pose aucun problème », explique Gerald Darmanin.