La situation épidémiologique en Algérie s'aggrave de plus en plus en raison de l'explosion de nombres de contaminations. En effet, l’Algérie connaît une hausse significative des cas de Covid-19 en ce début de l'année. C'est dans ce contexte que le Professeur Kamel Djenouhat, chef de service immunologie à l’hôpital de Rouïba, a affirmé que le mois de janvier sera parmi les plus durs depuis le début de la pandémie en Algérie.

La situation sanitaire devient préoccupante, avec plus de 400 cas de contaminations par jour. Dans une interview accordée au site d'information TSA, le Professeur Kamel Djenouhat tire la sonnette d'alarme. Il a indiqué que « la courbe des contaminations est ascendante », en ajoutant que « malheureusement, l’Omicron est arrivé avec le Delta. Nous nous attendions à vivre une cinquième vague avec l’Omicron après le départ du Delta. Mais là il y a un cumul. Ce sera les deux vagues en même temps. Le mois de janvier sera parmi les plus durs depuis le début de la pandémie en Algérie ».

Le chef de service d'Immunologie à l’hôpital de Rouïba explique qu'« il est vrai qu’il n’y a pas actuellement d’augmentation exponentielle. C’est une augmentation linéaire. La hausse est de l’ordre de 40 à 50 nouveaux cas par jour. Mais en réalité, la plupart des malades ont des formes bénignes et ne font que des tests antigéniques. Il y a beaucoup de laboratoires privés qui font des tests PCR qui ne sont pas homologués par l’Institut Pasteur d’Algérie. Il faut donc au moins multiplier ces chiffres par cinq ou six ».

Concernant le pic de cette vague , le Pr Kamel Djenouhat déclare : « je ne pense pas que nous allons l’atteindre avant quinze jours. L’Omicron vient d’arriver. Lorsqu’un variant arrive, il met deux à trois semaines pour atteindre le pic. Je ne pense donc pas que le pic va arriver avant quinze jours ».

Comment les autorités algériennes vont-elles réagir quant à l'ouverture des frontières ?

Devant la virulence de cette nouvelle vague, notamment avec l'apparition du nouveau variant Omicron, la question relative à la fermeture des frontières taraude les esprits de plus d'un parmi les Algériens – plus particulièrement les ressortissants établis à l'étranger. Les Algériens attendent certaines décisions et s'interrogent sur la question des frontières. L’Algérie va-t-elle emboîter le pas à certains pays qui ont fermé leurs frontières ?

Pour répondre à cette question, il faut prendre en considération les conséquences d'une telle décision. La fermeture des frontières sanctionne considérablement la diaspora algérienne et également les entreprises de transports de voyageurs. Il faut dire aussi que les spécialistes considèrent les mesures sanitaires prises pour pouvoir voyager suffisantes et qu'il n'est pas nécessaire de fermer les frontières.

« Les contrôles sanitaires aux frontières sont très stricts. Ils l’ont été tout au long de cette pandémie. Le résultat est là : on a protégé notre pays, grâce aussi à l’application des mesures barrières. Nous allons renforcer davantage les contrôles aux frontières. Il s’agit aussi d’appliquer de façon stricte et même obligatoire les mesures barrières à l’intérieur de nos frontières », avait affirmé le professeur Ryad Mahyaoui au début de la propagation du variant Omicron. Il est donc improbable que cette décision soit prise, surtout en sachant que le gouvernement n'a même pas rétabli le confinement partiel dans le pays.