Le Canada, à l'instar de nombreux pays développés, fait face à une crise de main-d’œuvre. Une crise qui s'est accentuée depuis la pandémie de Covid-19, d’où les appels incessants des chefs d’entreprises et des syndicats en direction du gouvernement canadien afin de remédier à cette situation, en suggérant notamment le recours aux travailleurs étrangers.

Face à la pénurie de main-d’œuvre qui touche plusieurs secteurs économiques au Canada, le gouvernement a fini par répondre favorablement aux demandes des chefs d’entreprises concernant l’augmentation du nombre de travailleurs étrangers autorisés au sein des entreprises canadiennes.

Le seuil de travailleurs étrangers temporaires dans les entreprises canadiennes revu à la hausse

En effet, sur décision du gouvernement, les entreprises du Québec sont autorisées, depuis lundi 10 janvier 2022, d’employer jusqu’à 20 % de travailleurs étrangers temporaires, plutôt que 10 %, en vigueur jusque là.

C’est ce qu’ont rapporté les médias canadiens, ce lundi 10 janvier, en citant le ministre du Travail et de l'Emploi, Jean Boulet. Ce dernier a précisé que l’augmentation du taux de travailleurs étrangers de 10 % à 20 % « touchera particulièrement les postes qui requièrent moins de qualifications dans le commerce de détail, la restauration, l'hôtellerie et le secteur manufacturier ».

Les représentants des entreprises du Québec, qui ont accueilli favorablement cette décision, ont critiqué, toutefois, la lenteur du gouvernement canadien dans le traitement des dossiers de candidatures des travailleurs étrangers qui désirent se rendre au Canada. « L'émission de permis de travail est faite par Ottawa. Moi, je revendique le rapatriement de ce programme là des travailleurs étrangers temporaires, pour que ce soit géré plus efficacement et de manière plus compatible avec notre marché de l'emploi », répond à ce propos le ministre du Travail.

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Les syndicats canadiens réclament des travailleurs étrangers à titre permanent

L’autre point soulevé par de nombreux syndicats est lié à l’inefficacité du statut accordé aux travailleurs étrangers. Selon eux, lorsqu'il s'agit de travailleurs étrangers temporaires, mais qui occupent un emploi qui serait disponible toute l'année, il est nécessaire de faciliter leur immigration au Canada. Les syndicats préconisent également au gouvernement fédéral d'accompagner ces travailleurs temporaires étrangers et leurs familles à immigrer au Canada, pour pouvoir occuper des postes à temps plein.

« Le programme, c'est une solution temporaire pour un problème qui est permanent. Alors qu'on sait que dans les usines de transformation alimentaire, on opère sur 12 mois, donc on aurait besoin d'avoir des travailleurs de façon permanente », explique à ce propos Roxane Larouche, porte-parole des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), citée par Radio Canada.