Le trafic de migrants est devenu ces dernières années un véritable business, qui génère des fortunes colossales pour les passeurs et autres réseaux y activant. C’est le cas notamment en Algérie, où le phénomène de la migration clandestine, appelé communément harraga, est devenu de nos jours un véritable business.

Les chiffres annoncés par les médias et les organismes en charge de la migration concernant le nombre impressionnant d’Algériens qui s’aventurent au quotidien à bord d’embarcations de fortunes, donnent froid dans le dos. La harga engendre malheureusement de nombreuses victimes qui périssent en mer, avant d’atteindre ce qu’ils croyaient être leur rêve. En contrepartie, ce phénomène rapporte d’importants bénéfices pour les nombreux passeurs et réseaux activant dans ce qui est considéré de nos jours comme une véritable industrie.

Le phénomène de la migration clandestine en Algérie a des ramifications avec de nombreux pays étrangers, où des réseaux criminels sont souvent sollicités dans le cadre de l’organisation des voyages depuis l’Algérie vers l’Espagne, à bord d'embarcations. Ces réseaux, qui brassent des millions d’euros, agissent ainsi dans un cadre multinational, au vu de l’ampleur de la migration clandestine dans le monde.

Le coup de filet de la police espagnole contre un réseau de trafic de migrants entre l’Espagne et l’Algérie

C’est ce que confirme le dernier coup de filet opéré par la police espagnole contre un vaste réseau de trafic de migrants entre l’Espagne et l’Algérie. En effet, la Police nationale espagnole a annoncé, lundi 10 janvier 2022, le démantèlement d'un réseau criminel spécialisé dans le trafic de migrants entre l'Espagne et l'Algérie. Une opération d’envergure qui a permis l’arrestation de 24 personnes, impliquées également dans du trafic de drogue, indique la même source.

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Le réseau démantelé, en collaboration avec Europol, « était composé de deux organisations criminelles parfaitement structurées », explique la police espagnole dans un communiqué, en précisant que « ces organisations basées à Alicante opèrent également  dans d'autres provinces espagnoles, principalement à Almeria, ainsi que dans d'autres pays de l'espace Schengen, notamment en France ».

Le réseau de passeurs de harraga est également impliqué dans le transport de drogues vers l'Algérie

Les deux organisations, « avec la complicité des organisations criminelles basées en Algérie ont utilisé des bateaux de différentes tailles pour assurer l'entrée illégale de migrants sur le territoire espagnol, notamment par le littoral d'Almeria », ajoute le communiqué. « Le réseau criminel utilisait également les embarcations de retour vers l’Algérie pour favoriser l'évasion de migrants poursuivis par la justice espagnole ou européenne et pour l'introduction et le transport de drogues et de marchandises volées d'Espagne vers Oran », explique encore la police nationale espagnole.

« Les perquisitions effectuées lors de cette opération ont permis la saisie d’une somme d'une valeur de 40 000 euros en espèces (en euro et en dinar algérien) quatre véhicules, 3,5 kg d'ecstasy, 56 grammes de phencyclidine, 710 paquets de tabac de contrebande, 61 terminaux mobiles, trois vélos de course, des trottinettes électriques, plusieurs appareils électroniques, divers documents d'identité de tiers et des cartes bancaires », ajoute la même source.