L'affaire « sexe contre bonnes notes » ébranle les universités du Maroc et suscite une large indignation dans le pays. Cette affaire, dont ont été victimes des étudiants de plusieurs universités marocaines, a fini par atterrir à la justice, avec l'inculpation de pas moins de 5 enseignants. L'un d'eux a d'ailleurs été lourdement condamné.

L'affaire a éclaté en septembre dernier, à la suite des témoignages diffusés par les médias et sur les réseaux sociaux révélant un scandale appelé « sexe contre bonne notes ». Plusieurs universités marocaines sont impliquées dans cette affaire liée à des demandes de faveurs sexuelles par des professeurs à leurs étudiantes en contrepartie de bonnes notes aux examens.

Ce sont des étudiantes de la faculté de Droit et d'Économie de l'université Hassan-Ier de Settat, qui ont été les premières à dénoncer ce chantage sexuel de certains de leurs enseignants. Face à l'ampleur des réactions, des étudiantes d'autres universités se sont également affichées pour apporter leurs témoignages sur des pratiques identiques de la part de leurs enseignants.

C'est le cas de l'École Nationale du Commerce et de Gestion d'Oujda (ENCGO), secouée également par un scandale de harcèlement sexuel sur des étudiantes. Une étudiante a publié, fin décembre sur les réseaux sociaux, des captures d'écran de ses discussions avec un professeur de son école. Ce dernier avait explicitement demandé des faveurs sexuelles à son étudiante en contrepartie de bonnes notes aux examens.

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Des enseignants universitaires condamnés pour chantage sexuel sur des étudiantes

Devant l'ampleur de ces scandales qui ont suscité un vaste mouvement « #MeToo (moi aussi) » universitaire marocain, la justice s'est vite saisie avec la convocation de 5 enseignants de l'Université de Settat, accusés de chantage sexuel sur des étudiantes. Ces professeurs ont comparu le 7 décembre devant le tribunal. Le parquet a décidé de mettre 3 de ces professeurs sous mandat de dépôt. Quant aux 2 autres, ils ont été laissés en liberté provisoire sous caution.

Parmi les 5  enseignants inculpés dans cette affaire, 4 sont accusés d'« incitation à la débauche », « discrimination fondée sur le genre » et « violence contre des femmes ». Quant au cinquième, il est poursuivi pour « attentat à la pudeur avec violence », un chef d'accusation plus grave. Enseignant en sciences économiques, ce dernier a été condamné à 2 ans de prison ferme, ont rapporté des médias marocains le mercredi 12 janvier.

Le professeur en détention préventive a été reconnu coupable d'« attentat à la pudeur », de « violence » et de « harcèlement sexuel » devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Settat, une ville proche de Casablanca. Selon les mêmes sources, l'une des étudiantes victimes de harcèlement sexuel dans cette affaire a renoncé à toute poursuite judiciaire en échange d'un dédommagement de 70 000 dirhams (6 640 euros, équivalent de 1 427 600 dinars algériens).