Depuis la fin de l'année 2021, les associations de soutien à la communauté LGBT du Maroc reçoivent des dizaines d'appels au secours. Les homosexuels au royaume sont la cible d'une campagne violente et nombreux ont vu leur homosexualité révélée sans leur consentement sur des pages Facebook ou sur Instagram. Des extraits de leurs conversations sur des applications de rencontre très populaires sont également exposés, tout comme des photos parfois osées. Cette vaste campagne homophobe a été initiée par un célèbre « influenceur » sur Instagram : Naoufal Moussa, qui réside en Turquie. C'est dans ce contexte tendu qu'un responsable du ministère des Habous et des Affaires islamiques a été licencié.

Ce responsable a été accusé d'avoir utilisé le terme « orientation sexuelle » dans les documents utilisés pour enseigner l’alphabétisation dans les mosquées. Le ministère des Habous et des Affaires islamiques reproche au responsable le passage d’un livre au programme de deuxième année : « L'égalité implique que les gens soient traités de manière égale sans discrimination, quelle que soit leur origine ethnique, leur orientation sexuelle ou leur handicap ».

Ce licenciement parvient après une enquête diligentée par le ministre des Affaires islamiques Ahmed Toufiq. Ce dernier accuse le responsable licencié d'avoir promu l’homosexualité à travers les cours d’alphabétisation dispensés dans les mosquées. Il a également instruit les enseignants des mosquées de supprimer le terme « orientation sexuelle » des livres déjà imprimés.

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Réactions des défenseurs de la communauté LGBT

Ce licenciement a fait réagir les défenseurs de la communauté LGBT+ (lesbian, gay, bisexual, transgender, and more). « Nous sommes l’un des rares pays à licencier des personnes pour avoir fait la bonne chose. Il suffit de voir l'injustice à laquelle cet homme a été confronté et d’imaginer à quel point la communauté LGBTQIA+ souffre au Maroc », affirme un Marocain sous couvert de l'anonymat et par peur de représailles.

Il faut souligner qu'au Maroc, l'homosexualité est réprimée d'une peine pouvant aller jusqu’à 3 ans de prison ferme par l’article 489 du Code pénal, qui punit « quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ».