L’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé, ce jeudi 15 octobre, les autorités algériennes à respecter la liberté des homosexuels. L’organisation a demandé la libération « immédiatement » des deux jeunes hommes écroués « pour homosexualité ». Elle a, également, appelé à mettre fin aux poursuites judiciaires contre toutes les personnes poursuivies dans cette même affaire, soit quarante-quatre individus au total.

Les deux jeunes hommes avaient été condamnés le 3 septembre dernier à une peine de trois ans de prison ferme. Quarante-deux autres personnes, arrêtées lors d’une fête privée, avaient écopé d’une peine d’un an avec sursis.

Selon le communiqué de Human Rights Watch, la police algérienne a arrêté 44 étudiants lors d'une fête privée qu'elle a qualifiée de "mariage gay". Le tribunal a condamné les concernés à une peine de 1 à 3 ans, « en se basant sur les décorations de maison et leur "apparence gay " ».

L’ONG rappelle que le groupe de 44 personnes, 35 hommes et 9 femmes, pour la plupart des étudiants, ont été arrêtés à El Khroub, près de Constantine, dans le nord-est de l’Algérie, durant la période de confinement sanitaire. Elle précise que « le fait de briser les mesures de quarantaine et de distanciation sociale pour assister à un rassemblement social ne justifie pas les arrestations arbitraires et la détention préventive prolongée »

Les 44 individus « ont été condamnés pour "relations homosexuelles", "indécence publique" et pour "avoir causé du tort à autrui en enfreignant les mesures de quarantaine liées à la maladie de Covid-19" », selon l'ONG. Ainsi, Human Rights Watch appelle les autorités algériennes à « annuler les accusations et les libérer immédiatement ». Rasha Younes, une analyste de HRW, dénonce : « L'attaque des autorités algériennes contre les libertés individuelles n'a rien de nouveau, mais l'arrestation de dizaines d'étudiants sur la base de leur prétendue orientation sexuelle est une violation flagrante de leurs droits fondamentaux ».