Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, s'est exprimé dans la soirée du samedi 5 février 2022 sur le départ annoncé de 1 200 médecins algériens vers la France. Invité sur le plateau d'Ennahar TV, le premier responsable du secteur sanitaire algérien a affirmé que le phénomène de l'exode des blouses blanches n'est pas propre à l'Algérie. 

Le docteur Lyes Merabat, président du Syndicat national des praticiens de la Santé publique (SNPSP), a révélé samedi 5 février que quelque 1 200 médecins algériens vont rejoindre la France en 2022. « 1200 médecins algériens de différentes spécialités s'apprêtent à quitter l'Algérie pour exercer dans les hôpitaux français après avoir réussi les Épreuves de vérification des connaissances », a écrit le président du SNPSP dans un message sur sa page Facebook. « L'hémorragie se poursuit », a-t-il ajouté.

« ce phénomène ne concerne pas uniquement l'Algérie »

Dans la soirée du même samedi, le ministre de la Santé a été interpellé sur le sujet lors de son passage sur la chaine Ennahar TV.  Dans sa réponse, Abderrahmane Benbouzid a affirmé que « ce phénomène ne concerne pas uniquement l'Algérie ». Il a cité pour argumenter certains pays comme l'Égypte et l'Inde qui connaissent, eux aussi, des départs de leurs médecins vers l'étranger.

Le ministre a reconnu cependant qu'en Algérie, le personnel de la Santé fuit le pays à cause du chômage qui les guette. « Dans les hôpitaux, de nombreux médecins ont dépassé l'âge de la retraite et ils sont toujours en poste. Ils ne permettent pas à la nouvelle génération de les remplacer. C'est ce qui fait que nous n'avons pas de postes pour les jeunes médecins » , a-t-il expliqué. Il a affirmé que cet état de fait ne doit pas s'éterniser. « Celui qui arrive à la retraite, il doit sortir et si on a besoin d'eux, on leur fera appel », a-t-il soutenu, soulignant que le dossier est au niveau des services du Premier ministère.

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Il est tout de même important de souligner que nombre de médecins expérimentés, professeurs de leur état, sont relativement âgés. Ceux-là même qui font la fierté des hôpitaux algériens doivent-ils être poussés à la retraite ou – pire – mis à l'écrat ?

Des médecins spécialistes mal payés, et de mauvaises conditions de travail, explique le président du SNPSSP

De son côté, le président du Syndicat autonome des spécialistes de santé publique (SNPSSP), le docteur Mohamed Yousfi, qui s'est également exprimé sur le sujet samedi a plaidé pour la réhabilitation des médecins en Algérie afin de stopper l'hémorragie.

« La solution est chez eux (le gouvernement). Il faut cette volonté politique pour réhabiliter le médecin spécialiste en lui donnant ses droits, en lui améliorant ses conditions socioprofessionnelles, ni plus ni moins. Il n'y a aucune faveur », a-t-il déclaré en effet au média TSA.

« Le médecin spécialiste est celui qui fait le plus long cursus universitaire avec un bac +12 et il est payé à moins de 80 000 dinars. C'est scandaleux », a-t-il ajouté. Le président du SNPSSP a déploré, par ailleurs, les conditions dans lesquelles ces médecins travaillent en Algérie. « Les spécialistes de santé publique travaillent dans un système de santé complètement déglingué. Les choses ne font que s'aggraver ».