L’Algérie se vide de sa matière grise. Ils partent par milliers chaque année en profitant de différentes procédures d’immigration. La saignée a pris des proportions alarmantes. L’Algérie n'arrive plus à garder ses ingénieurs, médecins et cadres formés par les universités publiques.

En ce début d'année, pas moins de 1200 praticiens algériens s'apprêtent à rejoindre les hôpitaux français. Ce chiffre a fait réagir les Algériens, notamment sur les réseaux sociaux. Ils sont nombreux à exprimer leur inquiétude face à ce phénomène, alors que le ministre de la Santé a tenté de minimiser cette hémorragie des compétences algériennes.

De leur côté, les représentants des médecins ont réagi à ce départ massif. Le Professeur Mostefa Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM) a estimé que « le fait que des médecins partent s’installer à l’étranger n’est pas nécessairement une perte pour le pays ».

Depuis l'annonce du départ de ces 120 médecins spécialistes, les Algériens sont nombreux à signaler la faillite du système de santé qui perd des compétences au profil d'autres pays, notamment la France. Dans une interview accordée au site d'information TSA, le Professeur Mostefa Khiati a tenu à minimiser le phénomène. Pour lui, cet exode reflète les performances de l'école algérienne, « l’école de médecine d’Algérie forme des gens qui sont exportables et de qualité. Ces gens-là vont, certes, partir travailler à l’étranger, mais vont rester en contact avec leurs familles et proches restés en Algérie ». Il affirme que ces médecins « pourront dans les prochaines années apporter certainement un plus. Ils pourront, aussi, investir chez eux dans leurs villes et leurs villages. Il ne faut pas négliger tout cela ».

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Mostefa Khiati considère que « le fait que des médecins partent s’installer à l’étranger n’est pas nécessairement une perte pour le pays. Si on sait utiliser les compétences, ce n’est pas forcément une perte. Le monde est aujourd’hui un village. On peut être en contact à distance immédiatement, quotidiennement de manière permanente. On peut donc importer ce savoir-faire d’une manière ou d’une autre. Il suffit pour nous de nous préparer à ce nouveau monde qui sera un monde pratiquement à distance et je pense que le Covid a accéléré les choses ».

Les raisons qui poussent les médecins algériens à quitter le pays

Par ailleurs, le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche a souligné l'aspect négatif de cet exode. Pour lui « le système national de santé n’arrive pas à absorber toutes les promotions et n’a pas d’attractions pour les jeunes médecins pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, le salaire qui est insuffisant pour des médecins et qui est, à titre d’exemple, inférieur à celui des médecins spécialistes tunisiens. Il n’y a pas de cadre de vie à proprement parler. Les médecins qui sont envoyés dans le cadre du service civil bénéficiaient avant d’un appartement, aujourd’hui, ils sont logés à quatre, six dans le même appartement. Il n’y a pas d’incitation. Il n’y a pas de cadre de vie qui favorise l’installation de ces médecins spécialistes lorsqu’ils partent s’installer à l’intérieur du pays. Ces aspects-là font que les médecins cherchent à partir ailleurs ».