Dès les déclenchements des opérations militaires russes en Ukraine, les prix du pétrole se sont envolés. Il faut s'attendre à ce que cette tendance haussière continue, du moins ces premiers jours du conflit. Cette hausse des prix des hydrocarbures va positivement impacter l'économie algérienne. Cependant, cette guerre n'aura pas que des conséquences positives. En effet, elle impactera inéluctablement le marché du blé et l’Algérie en ressentira les effets, avec une future crise sur l'approvisionnement en blé étant donné que le pays en est l'un des plus grands producteurs au monde.

Ainsi, ce conflit qui touche à l'un des plus gros producteurs et exportateurs de céréales et autres grains est un mauvais signe pour l’approvisionnement mondial, notamment en blé. Selon les spécialistes, il faut s'attendre à une diminution de l’offre et une hausse substantielle des prix, déjà très élevés sur les marché mondiaux et qui réduisent encore plus le pouvoir d'achat du consommateur algérien.

Ces spécialistes, qui craignent l'enlisement du conflit et son extension à la Mer noire d’où est exportée une grande partie du blé ukrainien, avertissent que les prix vont flamber. Sébastien Abis, directeur du club Demeter et chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS, France), affirme que « si l’offre diminue dans les prochains mois alors que la demande restera réelle et maintenue, vous pouvez avoir des conséquences importantes ».

De leur côté, les analystes de JP Morgan estiment qu'« il se peut qu’on assiste à une période prolongée de tensions géopolitiques élevées et de prime de risque élevée dans toutes les matières premières compte tenu de l’impact considérable de la Russie sur ces marchés ».

Comme le pétrole, le blé a aussi connu une hausse conséquente. Les cours de blé ont bondi de 9 %, avec une hausse de 12 % en 3 semaines. Ces hausses vont contribuer à saler la facture d'importation du blé pour l’Algérie. Il faut s'attendre aussi à des problèmes d'approvisionnement. De même, cette « guerre » va pousser l’Europe à appliquer des sanctions contre la Russie ; des sanctions financières qui compliqueraient le payement des factures d'importation. D'un autre côté, ces importations, qui se faisaient à partir des ports ukrainiens, seront tout simplement gelées en raison du conflit.