Le Maroc est le premier fournisseur de l'Union européenne en cannabis. C'est ce qu'a affirmé l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) dans son rapport pour 2021, publié le 11 mars. Le royaume chérifien préserve ainsi son monopole sur les exportations de cette drogue, malgré les contraintes de la situation sanitaire qui a paralysé le monde. 

Le rapport de l'OICS indique que « le Maroc reste le principal pays de provenance de la résine de cannabis qui entre dans l'Union européenne, tandis que l'Albanie et la Macédoine du  Nord continuent d'être à la source d'importantes quantités de cannabis de grande qualité circulant illicitement vers les pays d'Europe centrale et occidentale ».

Ce rapport, qui cite l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC),  rappelle que le Maroc reste également le premier fournisseur mondial de résine de cannabis. « Le trafic de cannabis produit au Maroc (en particulier de résine de  cannabis) et, de plus en plus, le trafic à travers le territoire marocain de cocaïne en provenance d'Amérique latine et à destination de l'Europe, génèrent d'importants profits illicites », précise ce rapport, qui relève que « des biens immobiliers, des bijoux et des véhicules sont achetés pour blanchir le produit de ce trafic », dont le montant annuel des opérations a atteint « 6,7 milliards de dollars en 2019, ce qui équivaut à 5,6% du PIB ».

Ainsi, selon l'OICS, « les effets de la pandémie de covid-19 sur l'offre et la  demande de drogues illicites en Europe ont été limités ». L'organisme affirme que « la faculté  d'adaptation des réseaux criminels est apparue encore plus clairement face aux mesures de confinement liées à la deuxième vague de la pandémie, au second semestre de 2020 ».

L'OICS souligne que « les perturbations affectant les frontières ont quelque peu modifié les itinéraires de trafic ». Il note que « les routes terrestres à destination de l'Europe ont notamment été délaissées au profit de voies maritimes […] pour le trafic de résine de cannabis depuis le  Maroc ».

Le Maroc autorise la culture du cannabis à des fins thérapeutiques

Cependant, l'OICS met en avant dans son rapport les efforts du Maroc dans la lutte contre le crime organisé, le blanchiment d'argent, le trafic de drogue et dans le traitement de la toxicomanie pendant la pandémie de covid-19.

Il a également félicité le Royaume pour le vote de la loi 13.21 relative à la légalisation de son usage licite à des fins médicales et indus. Il faut rappeler que le Conseil de gouvernement marocain a précisé par décret certaines dispositions de la loi no. 13.21 relative à l'usage licite du cannabis au Maroc.

Ce nouveau texte, qui autorise toujours la légalisation du cannabis à des fins médicales et industrielles, donne une idée sur les contours de ce futur marché légal. Le décret fixe désormais les régions dans lesquelles il sera permis d'autoriser les activités liées à la culture, à la production, à l'implantation et à l'exploitation du cannabis.

Les provinces d'Al Hoceima, de Chefchaouen et de Taounate, déjà cultivatrices de cannabis, ont été retenues dans un premier temps avec la possibilité d'ajouter d'autres provinces suivant l'intérêt manifesté par les investisseurs nationaux et internationaux.

Les pays où la consommation du cannabis est autorisée

Soulignons que plusieurs pays ont dépénalisé la consommation du cannabis et que d'autres ont carrément légalisé sa vente et consommation d'une manière encadrée. Après l'Uruguay, premier pays a avoir franchi le pas de la légalisation en 2013, le Canada a fait de même en 2018.

L'Allemagne aussi va dans ce sens, en permettant dans certaines villes aux consommateurs d'avoir une petite quantité de cannabis sur eux. Aux Pays-Bas, l'usage et la revente de cannabis sont réglementés, mais non légalisés. De son côté, le Luxembourg a annoncé en octobre 2021 son intention d'autoriser la culture de marijuana à domicile et sa consommation dans la sphère privée.

En Espagne, la production pour la consommation personnelle est autorisée, alors que commerce et consommation publique sont interdits. Le Portugal a décriminalisé en 2001 la consommation et la détention de toutes les drogues, qui restent toutefois interdites.

La Cour suprême du Mexique a aussi dépénalisé l'usage de cannabis à des fins récréatives. Quant aux États-Unis, la loi fédérale interdit la culture, la vente et l'utilisation de la marijuana. La consommation récréative a néanmoins été légalisée dans 16 États et dans la capitale fédérale, Washington DC.

Par ailleurs, en Afrique du Sud, la plus haute instance judiciaire a déclaré en 2018 « anticonstitutionnelle » une loi qui interdisait la consommation et la culture de marijuana à domicile. Son jugement ne décriminalise toutefois pas l'usage de cette drogue en public, ni sa commercialisation.