Le problème de la migration clandestine à partir des conclaves de Ceuta et de Melilla continue d'envenimer les relations entre le Maroc et l'Espagne. Ce problème, qui a pris de l'ampleur depuis le mois de mai 2021, ne trouve pas de solutions. L'Espagne accuse le Maroc de manque de volonté pour reprendre les mineurs marocains qui ont traversé clandestinement les frontières.

En effet, le Maroc n’a envoyé que les dossiers de 75 mineurs sur les 1300 qui sont arrivés à Ceuta en mai dernier. Ainsi, il revient au gouvernement espagnol de décider d’engager ou non la procédure de rapatriement de ces mineurs.

Il faut dire que c'est la première fois que les autorités marocaines ont répondu à la demande d’information de la délégation gouvernementale à Ceuta sur la situation familiale des mineurs arrivés en masse dans la ville autonome en mai dernier.

Le Royaume chérifien n'a cependant répondu qu'en partie aux demandes de la délégation gouvernementale à Ceuta. Cette délégation a adressé « plus de 700 » demandes au Maroc via sa représentation diplomatique. Le Maroc n'a répondu qu'à 75 de ces demandes. Cette démarche espagnole est intervenue après que la justice espagnole ait suspendu les retours « illégaux » de ces mineurs au Maroc à la fin août dernier.

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Le Maroc « utilise les mineurs » pour  faire du chantage à  l'Espagne

Ainsi, selon le journal El Diario, le Maroc a fourni les dossiers individuels « assez complets » de 75 mineurs seulement. Cependant, les policiers espagnoles « ne savent pas s’ils remplissent les exigences de la réglementation relative au retour des mineurs ».

Selon la législation en vigueur, la délégation doit disposer d’un rapport sur la « situation familiale » de chaque mineur dans son pays d’origine, ainsi que le rapport du service de protection des enfants, avant d’engager formellement toute procédure de retour. Les mineurs doivent également bénéficier d’une assistance juridique.

1000 mineurs marocains préfèrent errer dans la rue que de retourner au Maroc

Il faut aussi souligner que sur les 1343 mineurs (1 256 garçons et 87 filles) enregistrés en mai 2021, seulement 344 sont encore sous la tutelle de l’administration régionale, le reste préférant errer dans la rue que de retourner au Maroc.

« Beaucoup ont fui les centres de peur d’être expulsés, d’autres ont dû partir après avoir atteint la majorité (18 ans) », expliquent des ONG qui suivent de près la situation de ces mineurs. Ces ONG ont également indiqué que des « dizaines » ont cessé de fréquenter les écoles mises en place par le ministère en charge de l’Éducation à Piniers.

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Les mineurs instrumentalisés par le Maroc ?

Il faut dire que la question des mineurs marocains qui immigrent clandestinement en Espagne est au centre de différends entre le Maroc et l'Espagne. Cette dernière accuse le Royaume chérifien d'utiliser la question de l'immigration clandestine pour faire pression sur le pays afin de prendre des positions pro-marocaines sur certaines questions. Ceci remonte au mois de mai 2021, quand plus de 8000 personnes sont entrées dans l'enclave espagnole depuis le Maroc.

Madrid avait accusé Rabat d'« agression » et de « chantage ».  Le gouvernement espagnol avait également dénoncé le fait que le Maroc « utilise les mineurs » pour changer la position de l'Espagne par rapport au Sahara occidental. L'Espagne avait averti le Maroc que sa position ne changerait pas sur cette question.