Le candidat à l'élection présidentielle française Éric Zemmour a célébré le cessez-le-feu du 19 mars 1962 à sa manière. Dans un communiqué qu'il a rendu public ce samedi, Zemmour a fait savoir que s'il est élu président de la République il se rendrait en Algérie et dans les autres pays du Maghreb dès l'été. Il a même précisé qu'il commencerait sa tournée par l'Algérie.

« Dès l'été de mon élection, je me rendrai au Maghreb. En commençant bien sûr par l'Algérie, j'entamerai une tournée pour remettre à plat nos relations et affirmer notre position : le respect, pas la repentance », a affirmé Éric Zemmour, qui précise qu'il veut « une France forte qui s'assume et s'affirme à nouveau comme une puissance méditerranéenne ».

En promettant ce qu'il appelle un dialogue de vérité, le candidat à la présidentielle du 10 avril indique qu'il va traiter « l'Algérie en État mature, comme tous les autres pays du monde, considérant que de part et d'autre, nous sommes définitivement défaits du lien colonial ». C'est en quelque sorte une fléchette décochée sur le président Macron, candidat à sa propre succession, mais aussi sur tous les autres présidents qui ont battu leur coulpe devant les dirigeants algériens.

Les dirigeants algériens sont souvent arrogants, dit Zemmour

« Depuis, la France n'a fait que battre sa coulpe devant des dirigeants algériens souvent arrogants, qui n'ont cessé, eux, d'agiter le ressentiment anti-français chez eux, mais aussi chez nous. Car des millions d'Algériens et descendants d'Algériens sont venus sur notre sol, en vertu des accords particuliers entre la France et l'Algérie permettant de faciliter leur immigration massive », a ajouté Éric Zemmour en « résumant » l'après-indépendance de l'Algérie.

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Comme beaucoup de militants d'extrême droite, Éric Zemmour refuse de reconnaître la date du 19 mars comme celle de la fin de la guerre. Pour lui, c'est une date qui marque l'arrêt officiel des combats, mais pas la guerre en elle-même. Il ne s'est pas empêché de reproduire le discours des partisans de l'Algérie française qui ont toujours martelé que la France avait gagné la guerre, mais elle a quand même « accordé » l'indépendance à l'Algérie. Ainsi, ils refusaient et refusent toujours de voir que l'indépendance de l'Algérie a été arrachée aussi grâce au travail politique mené par des femmes et des hommes qui ont montré un haut degré de clairvoyance et d'intelligence.