60 ans après leur signature, certaines closes des accords d'Évian sont devenues caducs. En effet, le volet sur la libre circulation des personnes entre la France et l’Algérie n'est plus appliqué. Du côté français, son non respect est une réponse à la non application des closes qui garantissent aux pieds noirs de rester en Algérie et de garder leurs biens.

Ainsi, les accords signés le 18 mars 1962, qui pérennisent le principe de la libre circulation entre les deux rives de la Méditerranée n'est pas concret sur le terrain. Ce droit, acquis seulement depuis 1947 pour les Algériens sous la colonisation, devait s’appliquer après 1962 aux ressortissants de l'État nouvellement indépendant.

En effet, « sauf décision de justice, tout Algérien muni d’une carte d’identité est libre de circuler entre l’Algérie et la France »stipulent les accords d'Évian. Ces accords, qui sont combinés à la disposition prévoyant que « les ressortissants algériens résidant en France, et notamment les travailleurs, auront les mêmes droits que les nationaux français, à l’exception des droits politiques », sont devenus caducs.

En 2022, les Algériens sont surtout soumis à des conditions draconiennes pour l'obtention de visas d'entrée en France. Des visas octroyés au compte goutte par la France, surtout depuis quelques années, et qui ont vu le nombre de ces fameux sésames diminuer de façon significative.

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D'un autre côté, ce texte paraphé en 1962, qui instaure au bénéfice des Algériens le droit d’entrer et de s’établir librement en France, garantit également le droit des Français installés en Algérie d'aller et venir à leur guise entre les deux pays. Ce deuxième volet a de tout temps été soulevé par les autorités françaises pour expliquer la non-application du premier. Les Français expliquent que les droits des pieds noirs n'ont pas été respectés par l'Algérie et accusent les algériens d'avoir poussé les pieds-noirs à un départ massif juste après le cessez-le-feu le 19 mars 1962.