Les voyages de et vers l'Algérie, notamment depuis certains pays européens, continuent d'occuper les débats publics, particulièrement à la veille de la saison estivale qui occupe les esprits de la diaspora algérienne. Que ce soit en matière de vols ou de traversées, la question impatiente les Algériens de l'étranger, qui n'ont pas visité leur pays depuis trois longues années.

C'est d'ailleurs dans ce contexte que le Conseil des ministres, tenu dimanche 8 mai, a abordé la question en annonçant l'idée de l'acquisition par la compagnie aérienne nationale Air Algérie de 15 avions pour renforcer sa flotte ainsi que la prochaine hausse du nombre de vols de et vers l'Algérie. Bizarrement, le Conseil des ministres présidé par le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune n'a pas évoqué la question des traversées maritimes, susceptibles de faire baisser la pression sur les compagnies aériennes.

Algérie Ferries sous une grosse pression

L'importance du renforcement des traversées maritimes de et vers l'Algérie est indéniable. La preuve, une simple rumeur sur la mise en vente des billets chez Algérie Ferries a provoqué la pagaille devant les agences de l'Algérie Ferries à Marseille et Lyon. C'est dire que cette question est non seulement importante, mais aussi sensible pour des Algériens de France, qui ont hâte de rentrer en Algérie après une longue période de fermeture.

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C'est un peu ce qui explique la sortie d'un des députés de l'émigration qui s'est exprimé depuis l'Italie. Dans ce pays du Sud de l'Europe, les ressortissants algériens réclament une ligne directe entre la Botte de l'Europe et l'Algérie. « Je suis allé en Italie hier et j'y suis encore. Et la ligne maritime est une revendication principale de la communauté ici », a affirmé le député de la Zone 4, Fares Rahmani, qui fait savoir qu'il va réclamer « la relance de la ligne pour que nos concitoyens ne soient pas contraints à l'avenir de passer par la Tunisie pour rentrer dans leur pays et de subir toute sorte de chantage ».

Vers une relance de la traversée maritime entre Gênes et Skikda ?

Une petite recherche sur Internet permet de savoir qu'avant la pandémie de coronavirus, Algérie Ferries opérait au moins une traversée entre l'Algérie et l'Italie. Il s'agit d'une traversée qui reliait la ville portuaire de Gênes, dans le nord-ouest de l'Italie, à celle de Skikda, dans l'Est algérien. Il faut dire que les Algériens d'Italie sont concentrés au nord du pays, où l'activité économique et industrielle est plus importante.

Il n'est pas sûr que le gouvernement algérien réponde favorablement à la requête des Algériens d'Italie. Il considère peut-être que la communauté algérienne dans ce pays n'est pas assez importante pour justifier une relance des traversées maritimes. D'ailleurs, le PDG d'Algérie Ferries, Kamel Issad, n'a, à aucun moment, évoqué l'Italie lors de ses sorties médiatiques ou même lors de son audition, début avril, par la Commission des transports de l'APN.