Le climat des affaires en Algérie est sujet à certaines critiques des opérateurs économiques. Ces derniers mettent en avant le manque de visibilité et l'instabilité juridique et fiscale. C'est ce qu'a souligné Geoffroy Roux de Bézieux, président du Mouvement des entreprises de France (Medef) le 23 mai à Alger.

« Nous avons besoin de stabilité fiscale et juridique pour investir », a déclaré le patron du Medef en visite en Algérie pour une mission de deux jours. Geoffroy Roux de Bézieux, qui était à la tête d'une délégation d'hommes d'affaires et chefs d'entreprises françaises, a animé hier une conférence de presse en marge d'un forum d'affaires avec les membres de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC). Lors de cette conférence, il a particulièrement insisté sur l'importance d'un cadre juridique stable afin d'encourager l'investissement étranger.

« Les entreprises françaises souhaitent et sont prêtes à co-localiser… Le seul bémol, c'est que nous avons besoin de nous inscrire dans la durée et cette durée a besoin d'un cadre législatif clair. Nous avons besoin d'avoir la certitude que quand une loi dit une chose, la loi suivante de l'année d'après ne la changera pas… Je dis cela à la fois pour l'Algérie et la France ou n'importe quel autre pays. Nous avons besoin de stabilité législative et fiscale », a martelé Geoffroy Roux de Bézieux .

Un investissement doit s'inscrire sur une période allant de 10 ans ou plus

Le patron des patrons français a profité de cette occasion pour affirmer que s'il y a investissement, il doit s'inscrire sur une période allant de 5 à 10 ans, voire plus. Et pour cela, l'évolution du cadre législatif est un critère important de promotion de l'investissement.

Geoffroy Roux de Bézieux a indiqué qu'« un gouvernement qui donne des signes d'ouverture à l'extérieur va attirer des investisseurs dans la durée et dans la co-localisation et la co-production ». Cependant le président du Medef a salué l'adoption d'une nouvelle loi sur l'investissement. Il a déclaré :« Sans l'avoir lue dans le détail, nous en avons un peu discuté avec nos partenaires de la CAPC. C'est vraiment un très bon signal. Ce dont nous avons besoin, c'est de savoir le niveau de fiscalité, quels sont les secteurs stratégiques, où est-ce qu'on peut être majoritaires ou en partenariat majoritaire ? Il faut simplement que les règles soient connues d'avance ».

Le patron du Medef a aussi mis en évidence les craintes des investisseurs, qu'il résume par une phrase pleine de sens : « il ne faut pas que les règles changent en fonction de l'arbitre ». Par ailleurs, il a voulu dissocier les relations politiques entre l'Algérie et la France des relations économiques. « Quel que soit le climat politique entre nos deux pays, le business, la communauté d'affaires, les entrepreneurs continuent à œuvrer pour augmenter les flux et échanges », a-t-il insisté.