Les aéroports français, dont Paris-Charles-de-Gaulle et Orly, s'apprêtent à connaitre une journée perturbée ce jeudi 9 juin à cause d'une grève de leurs salariés. Une grève « historique » dans la mesure où elle mobilise l'ensemble des entreprises exerçant au niveau de ces structures aéroportuaires.

Les initiateurs de ce débrayage s'attendent à une paralysie totale des activités au niveau de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, notamment. Les salariés de cet aéroport, qui sont derrière ce mouvement qui risque de toucher d'autres structures à l'avenir, préparent leur action depuis plusieurs semaines. Ils ont ainsi réussi à arracher le soutien de différentes organisations syndicales, telles que l'UL CGT de Roissy et surtout l'intersyndicale (qui réunit la CGT, Force Ouvrière, la CFE CGC, la CFDT, l'Unsa, la CFTC et Sud-Aérien).

« On a pris un mois pour se préparer, en faisant beaucoup de distributions de tracts devant les boîtes, et surtout en faisant des Assemblées générales (AG) dans toutes les entreprises et magasins (Roissy Charles-de-Gaulle compte près de 800 entreprises, NDLR). Mardi 10 mai, nous nous sommes réunis avec de nombreux syndicalistes du secteur et depuis on tourne au maximum dans les boîtes », a expliqué Nordine Kebbache, un de ces grévistes, travailleur chez Transdev Aéropiste et militant CGT de l'UL de Roissy.

Des perturbations à prévoir au niveau des aéroports français

Dans un entretien accordé au journal Révolution permanente, Nordine Kebbache a indiqué que cette grève initiée pour réclamer l'augmentation des salaires sera ponctuée par plusieurs manifestations. « Il y aura d'abord plusieurs rassemblements devant chaque boîte, pour ensuite se rassembler devant le terminal 2E. Avec Transdev Cargo, on a décidé de se donner rendez-vous avec Bolloré, Air France Cargo, WFS, GEH, Servair, etc. La mobilisation sera de toute façon très importante, et on se rassemblera ensuite avec toutes les autres entreprises », précise-t-il.

Air France lance un appel à ses clients

Face à ce mouvement qui s'annonce grandiose, certaines compagnies ont pris les devants. Air France a lancé un appel à ses clients, les invitant à prendre leurs précautions. « Des perturbations sont à prévoir, notamment des temps de passage aux contrôles de sûreté avant l'embarquement rallongés », a-t-elle souligné.

« Afin de limiter les désagréments, nous vous encourageons à vous enregistrer en ligne, à anticiper votre arrivée à l'aéroport et à vous rendre en salle d'embarquement dès vos bagages déposés. Vous pourrez également enregistrer en soute votre bagage à main sans frais afin de faciliter votre passage au contrôle de sûreté. Nos équipes en aéroport et dans nos centres de relation client se mobilisent et mettent tout en œuvre pour vous accompagner », explique Air France.

La Direction générale de l'Aviation civile (DGAC), selon des propos rapportés ce mercredi par Air Journal, a demandé aux compagnies aériennes de « réduire leur programme de vols au départ et à l'arrivée de Paris-CDG ». De son côté, Paris Aéroport suggère, selon toujours la même source, d'arriver 3 heures avant le départ de son vol international.