La France a annoncé ce lundi 4 juillet 2022 la suspension des expulsions d'étudiants étrangers fuyant la guerre en Ukraine. Cette annonce concerne énormément d'étudiants étrangers, dont des Algériens, ayant trouvé refuge en France après avoir fui l'Ukraine.

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février dernier, des centaines de milliers de personnes ont fui ce pays pour trouver refuge dans d'autres pays d'Europe, dont la France. Parmi ces milliers de réfugiés se trouvent notamment des étudiants originaires de pays d'Afrique, dont des Algériens, qui poursuivaient leurs études dans les universités ukrainiennes. Une bonne partie des étudiants algériens ont choisi de se réfugier en France pour des raisons bien connues. La majorité d'entre eux ont surtout des liens et attaches familiales avec la France.

À l'instar des autres pays de l'Union européenne (UE), la France a décidé d'appliquer la directive de l'Union européenne concernant le traitement réservé aux réfugiés venus d'Ukraine. Aux termes de la protection temporaire de 3 mois offerte aux réfugiés qui ont fui l'Ukraine, les ressortissants de pays tiers doivent rentrer dans leur pays s'ils peuvent le regagner de façon « sûre et durable ». Autrement les réfugiés étrangers doivent quitter la France, si leur pays n'est pas en guerre ou s'ils n'y craignent pas pour leur vie.

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Des étudiants étrangers, dont des Algériens, ayant fui l'Ukraine ont fait l'objet d'OQTF

Cette mesure d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) concerne aussi les étudiants algériens arrivés d'Ukraine. D'ailleurs, depuis le mois de mai dernier, de nombreux étudiants algériens ayant fui l'Ukraine ont reçu ces OQTF, car les autorités françaises estiment que leur pays d'origine n'est pas en guerre.

Ces mesures d'expulsions contre les étudiants étrangers ont suscité de nombreuses réactions chez les associations estudiantines et ONG de défense des droits de l'homme en France. Plusieurs manifestations ont eu lieu en France pour réclamer du gouvernement de prendre en compte de la situation de ces étudiants étrangers, en leur accordant, notamment, des titres de séjour pour la poursuite de leurs études dans les universités françaises.

Le gouvernement français annonce la suspension des expulsions des étudiants étrangers fuyant l'Ukraine

Des appels qui ont fini par être entendus par les autorités en France. En effet, le gouvernement a décidé d'un moratoire sur les expulsions d'étudiants étrangers ayant trouvé refuge en France après avoir fui la guerre en Ukraine. C'est que rapporte ce lundi 4 juillet 2022 l'AFP. Ce moratoire, valable au moins jusqu'à la prochaine rentrée universitaire en septembre, a été adopté le 17 juin et a fait l'objet d'une « décision interministérielle », indique la même source.

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En pratique, cela veut dire qu'aucun étudiant étranger ayant fui l'Ukraine ne fera l'objet d'expulsion au moins jusqu'à septembre prochain. « Il a été décidé qu'aucune obligation de quitter le territoire (OQTF) ne serait appliquée ni aucune nouvelle OQTF décidée jusqu'à la rentrée universitaire », explique le préfet Joseph Zimet, qui pilote la cellule interministérielle de crise sur l'accueil des Ukrainiens.

Les autorités françaises ont décidé également d'étudier la situation des étudiants étrangers ayant fui l'Ukraine, au cas par cas, en vue de l'obtention d'un titre de séjour en France. « Un nouvel examen approfondi de leur situation va être fait, qui portera sur leur projet étudiant et leurs ressources. Nous leur appliquerons les mêmes critères que les étudiants qui demandent un visa en France », a souligné, à ce propos, le préfet Zimet.