Les concessionnaires automobiles reviennent à la charge pour réclamer la reprise de leur activité suspendue depuis plusieurs années. Dans un courrier adressé au chef de l'État, ils demandent leurs agréments et s'engagent à se lancer dans la construction automobile…

L'importation des véhicules est gelée depuis 2017 en Algérie. Les concessionnaires automobiles se trouvent dans la tourmente et ne cessent de réclamer la reprise de leur activité. Ils ont fait plusieurs propositions pour plaider leur cause et force est de constater que depuis quelques mois, le dossier est revenu au-devant de la scène. Les pouvoirs publics ont maintes fois annoncé la reprise imminente de cette activité, dont le gel pèse aussi sur le consommateur – avec une flambée des prix de l'automobile.

Le gel de l'importation des voitures a en effet eu un impact négatif sur le marché automobile en Algérie. Les véhicules neufs et d'occasion sont devenus complètement inaccessibles pour les petites et moyennes bourses à cause de leur prix qui ont atteint des pics vertigineux en raison de l'offre quasi inexistante.

Conscientes de cette situation, les hautes autorités du pays ont promis une issue à ce dossier. Le chef de l'État a indiqué en février 2022 que la relance de cette activité ne saurait tarder[1]Algérie : Des voitures à 99 millions en septembre 2022 ?. Une annonce qui a été fortement applaudie par les concessionnaires, qui espéraient obtenir leurs agréments cet été. Rien de concret, cependant, et aucun agrément n'a été accordé.

Ce que proposent les concessionnaires algériens

Après près de 6 mois d'attente, ces derniers sont revenus à la charge à travers leur représentant – le Groupement des concessionnaires automobiles (GCA) – qui s'en est encore une fois remis au chef de l'État à travers une lettre. Dans ce courrier cité le dimanche 10 juillet  par le journal arabophone Echorouk, le GCA ne s'est pas contenté de dresser un tableau noir de la situation des importateurs automobile, mais il a apporté une proposition à même de permettre la reprise de l'activité.

Le GCA propose en effet l'attribution des fameux agréments aux demandeurs qui remplissent les conditions et ayant des dossiers complets. En contre partie, ces derniers s'engageront avec des promesses écrites à se lancer dans la production automobile dans un délai ne dépassant pas les trois années. Une proposition pour le moins insolite de la part de simples revendeurs dans un pays où la production automobile n'a jamais été une réalité et que même le géant français Renault a déserté[2]Vers la fermeture de l'usine Renault Algérie ?. Mais cette « proposition » ne trahit-elle pas le désespoir des concessionnaires algériens ?

Le Groupement des concessionnaires automobiles espère tout de même que cette proposition sera du goût du chef de l'État, qui pourrait ainsi intervenir auprès du ministre des Transports dans l'objectif de libérer cette activité, qui se fait attendre en Algérie.