Impactés par la guerre en Ukraine, les craintes de récession mondiale ainsi que la situation épidémique en Chine, les prix du pétrole ont connu une chute importante ces derniers jours. En effet, après avoir repassé sous la barre symbolique des 100 dollars, mardi 12 juillet, le baril de Brent de la mer du Nord, référence pour le pétrole algérien, a perdu encore du terrain le jeudi 14 juillet. Le baril de Brent de la mer du Nord perdait 2,45 % par rapport à la clôture de la veille à 97,32 dollars.

Ainsi, après avoir atteint en séance 100,34 %, il a chuté de 7 % pour se situer au-dessous de la barre des 98 dollars. Le pétrole recule donc de 7 % sur les cinq dernières séances. Le baril de Brent a encore perdu beaucoup plus sur un mois. Il s’agit d'un recul spectaculaire de 20 %. Cependant, les cours actuels demeurent 25 % plus élevés par rapport à ceux du début de l’année 2022. Le pétrole est donc à son niveau d'avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier. Une guerre qui a dynamisé les cours de l'or noir. Cependant, le marché subit les revers de la médaille de cette guerre. En effet, les craintes d’une éventuelle récession dans les pays occidentaux ont effacé presque les gains engrangés après le déclenchement du conflit russo-ukrainien.

Recul conjoncturel

Il faut ajouter à cela la situation de la pandémie de Covid en Chine. Cette dernière a décidé de mettre en place une nouvelle vague de restrictions sanitaires. Une décision qui préoccupe les investisseurs. Ces restrictions qui font craindre de nouvelles fermetures impactent considérablement les marchés pétroliers. En effet, la province de Macao a entamé le 11 juillet son premier confinement depuis le début de la pandémie, afin d'endiguer sa pire vague de Covid-19. La demande chinoise de pétrole a donc baissé et risque de continuer sur cette lignée pendant quelques semaines. Ce qui accentue les craintes sur la baisse de la demande en or noir.

Toutefois, les analystes s'attendent à ce que ce recul ne s'installe pas dans la durée. Les prévisions sur la demande en pétrole restent au deçà de la situation actuelle. Le rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) table sur une demande de pétrole toujours en croissance en 2023, mais à un rythme moins soutenu. L'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) fait le même pronostic, et annonce une consommation en hausse de 2 millions de barils par jour l'an prochain, contre 2,2 cette année. Donc « la correction (des cours) est allée trop loin », selon les experts qui affirment que « le marché a tellement souffert qu'il va lui falloir quelques jours pour se remettre, mais on est beaucoup plus près d'un plancher que d'un sommet ». Ces experts assurent que « le pétrole finira par retrouver le chemin au-dessus de 100 dollars ».