Le leader du Parti populaire, qui était hostile au changement de la position de l'Espagne par rapport à la question du Sahara occidental, s'est rangé du côté du gouvernement. Ce changement surprise de position du parti a conduit au rejet d'un projet de résolution appelant le gouvernement de Pedro Sánchez à revenir sur son soutien à l’initiative d’autonomie pour le Sahara occidental.

En Espagne, le changement de position du gouvernement sur la question du Sahara occidental – qui a conduit à une crise diplomatique avec l'Algérie – continue de faire réagir la classe politique. Une résolution qui appelle le gouvernement à réviser sa position n'a pas abouti. Portée par l’extrême gauche et quelques formations nationalistes, cette résolution a été rejetée par 252 voix opposées, contre 70 voix favorables et 11 abstentions.

Cependant, ce qui a attiré l'attention dans ce rejet est le changement brusque de la position du Parti populaire[1]Le Parti populaire promet de revenir sur la position de l'Espagne concernant le Sahara occidental qui, depuis le soutien du gouvernement au plan d'autonomie présenté par le Maroc, n'a cessé d’appeler au retour à la position initiale et neutre de l'Espagne. En effet, le Parti populaire, leader de l’opposition parlementaire, a surpris tout le monde en votant contre la proposition en signe de soutien à la position du gouvernement socialiste, qui considère que l’initiative d’autonomie est la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du conflit au Sahara occidental. Le vote du PP est d’autant plus surprenant que la formation de droite s’est montrée sceptique vis-à-vis de la décision de Pedro Sánchez.

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Les observateurs expliquent ce changement de cap du nouveau patron du parti conservateur Alberto Núñez Feijoo, qui a succédé à Pablo Cassado, par de nouveaux éléments résultants de la récente rencontre avec le Chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch. Par ailleurs, certains observateurs affirment que le rejet de ce texte par le PP répond à des considérations politiciennes.  Les conservateurs ont obtenu en échange que les députés du PSOE (parti socialiste au pouvoir) votent en faveur d’une proposition réclamant le retour à « une politique étrangère et de sécurité d’État, dans laquelle les axes permanents partagés par tous les gouvernements de la démocratie (depuis 1976, NDLR) sur les problèmes du voisinage, de l'Union européenne et de l'Amérique latine, soient récupérés et renforcés ». Des voix au sein du PP estiment que le vote des socialistes en faveur de leur texte est une manifestation de « soutien du PSOE à la politique étrangère de Feijóo (le chef du PP, NDLR), qui corrige la politique étrangère de Pedro Sanchez sur le Sahara », rapportent donc certains médias espagnols.

Il faut dire que cette nouvelle compliquera davantage les relations de l'Espagne avec l’Algérie. C'est un signe que l'Espagne a accepté de sacrifier ses relations avec son fournisseur principal de gaz. Le revirement de la position du parti populaire assombrit donc l'avenir des relations algéro-espagnoles et la crise diplomatique entre les deux pays est partie pour durer avec des conséquences économiques importantes pour les deux pays.

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