Le Canada manque de main d'oeuvre. Ses provinces veulent attirer la main-d'oeuvre étrangère et pour y arriver, elles doivent avoir plus de prérogatives. C'est dans ce contexte que l'Ontario veut plus de pouvoir sur la question de l'immigration, comme c'est le cas pour le Québec. 

En effet, le gouvernement ontarien veut obtenir un meilleur contrôle sur l’immigration dans sa province. Il aspire à attirer plus de travailleurs qualifiés de l’étranger et ainsi combler sa pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs. C’est pourquoi le gouvernement provincial compte renégocier son entente sur l’immigration avec le gouvernement fédéral, dès cet automne. C'est le ministre provincial du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences, Monte McNaughton, qui est chargé de cette mission. Ce ministère a indiqué travailler étroitement avec son homologue fédéral, Sean Fraser, sur cette question.

Il affirme que sa province a notamment besoin de travailleurs de métiers spécialisés ainsi que du domaine de la santé. « Je lui ai fait savoir que le plus grand défi économique auquel l'Ontario fait face aujourd'hui est que nous avons 378 postes à pourvoir », révèle le ministre provincial sur ses pourparlers avec le ministre fédéral en ajoutant que « l'immigration pourra être un outil clé pour nous aider à résoudre notre manque de main-d'œuvre ».

« On a besoin de beaucoup d'immigrants pour répondre aux besoins de main-d'œuvre »

Monte McNaughton explique également que l’Ontario n’a un pouvoir décisionnel que sur 5 % des immigrants sélectionnés pour s’établir dans la province. Il affirme que le gouvernement provincial mérite un plus grand pouvoir, comme ce que possède déjà le Québec. Sur cette comparaison avec le Québec, le ministre provincial explique : « nous savons que le Québec a plus d’autonomie sur son système d’immigration et qu’il l’utilise pour des raisons culturelles. Nous pensons que nous méritons le même contrôle pour des raisons économiques ».

Cependant, il faut dire que le processus de négociation est lent. Le professeur au Département de sciences économiques de l’Université d’Ottawa, Gilles Grenier, affirme que les deux niveaux de gouvernement s’entendent au moins sur une chose : « à tort ou à raison, on a besoin de beaucoup d'immigrants pour répondre aux besoins de main-d'œuvre ». Toutefois, il explique que « les délais sont très longs », ajoutant que le fédéral a augmenté considérablement ses seuils d'immigration ces dernières années, mais il manque de ressources administratives pour le processus.