L'application de rencontres entre musulmans « Muzz » s’est proposé de payer les amendes infligées aux femmes portant le burkini dans les piscines publiques et certaines plages en France. Une proposition qui a suscité une grande polémique et qui a fini par faire réagir le ministère de l’Intérieur français, qui a décidé d’attaquer en justice la plate-forme en question.  

Une application de rencontre entre musulmans, basée en Grande-Bretagne est au cœur d’une vaste polémique en France. En effet, la plate forme « Muzz » s’est proposé de prendre en charge les amendes pour port du burkini en France. L’initiative de cette plate-forme intervient dans le sillage de la décision du Conseil d’État d’interdire le 21 juin dernier, le port du burkini dans les piscines municipales de Grenoble.

La décision du Conseil d’État, a été suivie par une grande polémique en France entre les pros et anti burkini. Certaines associations y voient une atteinte aux libertés de femmes musulmanes alors que d’autres voix, notamment au sein de la droite et de l’extrême droite, ont salué le verdict de la justice. Pour eux, l’interdiction par la justice du port de cette tenue jugé « islamique » est une victoire pour la laïcité en France.

La décision d’interdire le port du burkini dans les piscines publiques n’a pas laissé indifférents les propriétaires d’une application de rencontre entre musulmans. L’application « Muzz » qui se targue d’avoir 6 millions de membres dont 500 000 en France, s’est proposé de porter en charge le remboursement du montant de l’amende infligé pour port du burkini en France.

Port du burkini en France : Le ministère de l’Intérieur dénonce l’initiative de « Muzz » et saisit la justice

Cette proposition, qui s’apparente à un encouragement au non-respect de la loi, a suscité une grande polémique en France. D’ailleurs dans une déclaration ce mercredi 20 juillet au site Actu.fr, un responsable de l’équipe française de l’application de rencontre se dit conscient des réactions que cette initiative peut engendrer. « La direction est prête et a conscience que cela implique des risques d’un point de vue juridique », affirme-t-il.

Finalement ce que redoute ce responsable de l’application « Muzz » s’est avéré juste. En effet, dans son édition de ce mercredi 20 juillet Le Figaro rapporte que le cabinet de Gérald Darmanin a annoncé que le ministre de l'Intérieur avait saisi la justice « pour dénoncer cette plateforme au titre de l'article 40 de la loi de 1881, qui interdit d'annoncer publiquement la prise en charge financière des amendes ». L'article dispose qu'il est « interdit d'ouvrir ou d'annoncer publiquement des souscriptions ayant pour objet d'indemniser des amendes, frais et dommages-intérêts prononcés par des condamnations judiciaires, des amendes forfaitaires ».