Après plusieurs semaines de polémique sur l'autorisation ou non du port du burkini dans les piscines de Grenoble, la justice française a finalement tranché. Dans son jugement rendu ce mardi 21 juin 2022, le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative en France, a donné raison aux opposants au port de cette tenue, en l’interdisant dans les piscines de la municipalité de Grenoble.

La polémique sur le port du burkini dans les piscines de Grenoble remonte au 16 mai dernier, lorsque le Conseil municipal de cette commune, présidé par le maire écologiste Eric Piolle, a voté une résolution qui autorise le port du burkini dans les piscines. Cette résolution votée sur le fil par 29 voix pour et 27 contres, devait entrer en vigueur le 1er juin dernier à travers l’ensemble des piscines publiques de Grenoble.

Mais suite à un « déféré laïcité », dépose devant la justice par le ministère de l'Intérieur, via la préfecture de l'Isère, le tribunal administratif avait décidé le 26 mai de suspendre la résolution autorisant le port du burkini dans les piscines de la commune de Grenoble. Une décision qui a fait réagir le maire de Grenoble en décidant de faire appel devant le Conseil d’État.

Le Conseil d’État confirme l’interdiction du port du burkini dans les piscines de Grenoble

L'affaire avait été examinée en audience par le Conseil d'État la semaine dernière et le verdict a été rendu mardi 21 juin 2022. Dans son jugement rendu public, le Conseil d’État a tranché définitivement sur l’affaire en donnant raison à la préfecture de l’Isère qui s’opposait au port du burkini dans les piscines de la commune de Grenoble. Le Conseil d’État estime que le nouveau règlement des piscines imposé par la municipalité grenobloise constituait une « dérogation très ciblée » de nature à « satisfaire une revendication religieuse ».

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Pour la plus haute juridiction de France, la décision de la mairie de Grenoble d’autoriser le port du burkini est « de nature à affecter le bon fonctionnement du service public » et contraire à « l’égalité de traitement des usagers », explique le Conseil d’État dans son communiqué. Cela porte donc « atteinte au principe de neutralité des services publics » ajoute le Conseil d’État.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est réjoui, dans un message publié ce mardi 21 juin sur Twitter, que le Conseil d’État ait « sanctionné » le « communautarisme » du maire de Grenoble. Il a surtout salué une « victoire pour la loi séparatisme, pour la laïcité, et au-delà, pour toute la République ». Contacté par l’AFP, le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, a refusé de commenter la décision du Conseil d’État.