Les gestes envers l'Algérie, dans une conjoncture économique internationale marquée par l'incertitude, continuent de se manifester. Cette fois-ci, c'est le président du gouvernement d'Espagne, Pedro Sánchez, qui a exprimé son souhait de s'y rendre. En effet, au cours d'une réunion sur la question de l'énergie avec le chancelier allemand Olaf Scholz à Merseburg (Allemagne), celui-ci a tout simplement déclaré : « J'aimerais être celui qui ira en Algérie ».

Cette déclaration, qui survient au moment où les relations entre les deux pays sont loin d'être au top, constitue, à ne pas douter, l'expression « officielle » d'une volonté de réconciliation après des mois de rupture.

Pour rappel, les relations entre l'Algérie et l'Espagne connaissent, depuis le 18 mars, une détérioration inédite, et ce, à la suite du soutien exprimé par le gouvernement espagnol au projet d'autonomie marocain au Sahara occidental. Ce changement de position a irrité Alger, qui a suspendu, le 8 juin, le Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération conclu en 2002[1]Crise diplomatique : L'Algérie suspend le traité d'amitié avec l'Espagne[2]L'Espagne réagit à la suspension du traité d'amitié algéro-espagnol. « Cette attitude du Gouvernement espagnol s'inscrit en violation de la légalité internationale que lui impose son statut de puissance administrant et aux efforts des Nations unies et du nouvel envoyé personnel du secrétaire général et contribue directement à la dégradation de la situation au Sahara occidental et dans la région », a alors accusé la Présidence algérienne.

Pedro Sánchez sur les pas de Macron

Le Gouvernement espagnol, considérant « l'Algérie comme un pays voisin et ami », a, quant à lui, réaffirmé sa « disponibilité entière pour continuer à maintenir et à développer les relations spéciales de coopération entre les deux pays, dans l'intérêt des deux parties ». Il va sans dire que c'est la visite du Président français Emmanuel Macron, qui s'est rendu récemment en Algérie dans la perspective de réchauffer les relations algéro-françaises en froid depuis presque une année, qui a inspiré le chef du gouvernement espagnol.

Il est également de notoriété publique qu'à l'approche de l'hiver et dans le contexte de la guerre menée par la Russie en Ukraine, les schémas classiques de l'approvisionnement en énergie sont perturbés. Le gaz algérien constitue donc un atout et une arme de négociation redoutable.