L’autorisation ou non du port du burkini dans les piscines publiques en France a déclenché des débats animés au sein de la classe politique et dans les médias. La décision de la justice d’interdire le port du burkini dans les piscines de la commune de Grenoble a fait réagir les défenseurs de cette tenue. En effet, une plateforme de rencontres entre musulmans se propose de payer les éventuelles amendes infligées aux femmes portant le burkini.

Le 21 juin, le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative en France, a tranché définitivement sur l’affaire du port du burkini dans les piscines de la commune de Grenoble. Le Conseil d’État s’est prononcé contre le port de cette tenue par les femmes. Il estime dans son jugement que le nouveau règlement des piscines imposé par la municipalité grenobloise constitue une « dérogation très ciblée » de nature à « satisfaire une revendication religieuse ».

Cette décision de la justice a fait réagir plusieurs associations estimant que cette interdiction allait porter atteinte aux libertés des femmes musulmanes. D’ailleurs, de nombreuses femmes musulmanes se sont ruées vers les piscines privées afin de pouvoir nager en portant le burkini. Selon les chiffres annoncés par une plateforme dédiée aux piscines, 20 % de la clientèle des piscines privées en France est musulmane.

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Mais il faut dire aussi que la majorité des femmes musulmanes en France ne peuvent pas se permettre le luxe de payer des séances dans des piscines privées, en raison de leur situation sociale. Elles seraient donc contraintes de se rendre dans les piscines publiques, tout en sachant qu’elles ne pourraient pas nager en burkini, en raison de son interdiction. Le port du burkini est en effet passible d’une contravention de première classe, d’un montant de 38 euros. C’est d’ailleurs le même montant que pour le port d’un monokini (pratique du topless).

Une plate-forme de rencontre entre musulmans consacre un budget de 25 000 pour payer les amendes du port du burkini en France

En dépit de son interdiction, certaines femmes se hasardent encore à porter le burkini tout en risquant de payer l’amende prévue par la loi. D’ailleurs, une plateforme de rencontres entre musulmans, Muzz, se propose carrément de payer les amendes pour les femmes portant cette tenue. « Sœurs musulmanes, il fait chaud dehors, allez nager tranquillement. Ne vous inquiétez pas, Muzz vous remboursera si vous êtes verbalisées pour port de Burkini », écrit la plateforme sur son site.

Cette plateforme, qui encourage les femmes musulmanes à porter le burkini dans les piscines et sur les plages en France, affirme avoir consacré un budget pour rembourser les amendes qu’elles seront amenées à payer en France. « Nous avons un budget de 25 000 euros dédié aux amendes pour port du Burkini. Nous prendrons en charge toute amende qui rentre dans nos critères jusqu'au montant indiqué », précise la plateforme.

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Cette proposition de payer les amendes rappelle celle du politicien franco-algérien Rachid Nekkaz, il y a quelques années. En effet, l'homme politique s’était illustré en 2010 lorsqu’il avait décidé de se porter volontaire pour payer toutes les amendes infligées aux femmes musulmanes portant le voile intégral en France et dans d'autres pays d'Europe. Il s'agit des amendes infligées pour les femmes dans le cadre de la loi sur le port du voile intégral (burqa et niqab). Cette loi adoptée en octobre 2010 interdit le port du voile intégral dans l'espace public en France. Rachid Nekkaz affirme dans une déclaration au journal Le Figaro en 2016, avoir payé 1 169 amendes pour port de voile intégral en France, à raison de 150 euros pour chaque amende, et des dizaines d’autres en Belgique et en Suisse.