La crise diplomatique entre l’Algérie et l’Espagne n’a épargné aucun domaine dans la coopération bilatérale entre les deux pays. En effet, selon des sources du ministère espagnol de l’Intérieur citées par des médias locaux, l’Algérie aurait réduit sensiblement sa coopération avec l’Espagne dans le domaine sécuritaire, en représailles au revirement du gouvernement de Pedro Sánchez dans le dossier du Sahara occidental.

L’embrouille entre l’Algérie et l’Espagne est partie pour s’installer dans la durée. L’Algérie, qui a décidé de suspendre le 8 juin dernier le traité d’amitié que la liait à l’Espagne depuis 2002, ne semble pas revenir sur sa décision. En effet, Alger n’a montré aucun signe en faveur d’un retour à la normale avec Madrid, son « ancien ami historique » de la rive nord de la Méditerranée. Et les exemples ne manquent pas.

Après avoir décidé de rappeler son ambassadeur à Madrid, au lendemain de la décision du gouvernement espagnol de s’aligner sur la thèse marocaine à propos du conflit du Sahara occidental, les autorités algériennes ont accentué leurs « représailles » à l’égard de l’Espagne. De la réduction du volume de ses exportations de gaz en passant par l’interdiction de l’importation de nombreux produits espagnols, l’Algérie a pratiquement mis fin à sa coopération avec l’Espagne.

La crise entre l’Algérie et l’Espagne a touché la coopération sécuritaire

Même le volet sensible de la coopération sécuritaire n’a pas échappé au courroux des autorités algériennes. En effet, selon le journal El Espanol[1]Argelia suspende con España todo intercambio de información "no vital" en materia antiterrorista, El Espanol, l'Algérie aurait réduit drastiquement sa coopération sécuritaire avec l'Espagne ces derniers mois, au point de couper toute sorte d'échanges avec les services secrets et les forces de sécurité espagnoles. La coopération serait réduite aux domaines « essentiels ou vitaux », selon la même source.

Des sources du ministère espagnol de l'Intérieur et du renseignement cité par El Espanol ont affirmé que « le flux d'informations sécuritaires avec leurs homologues algériens a diminué depuis la décision de Pedro Sánchez de soutenir le plan marocain d'autonomie du Sahara ». L’Algérie et l’Espagne continuent de « coopérer uniquement sur les questions terroristes », mais avec beaucoup « moins d'intensité qu'avant », précise-t-on. L'échange d'informations s'est limité, selon les mêmes sources, à des « alertes aux experts de la lutte antiterroriste sur des profils dangereux qui parviennent à pénétrer sur le territoire depuis les côtes algériennes ».

Les mêmes sources affirment également que les autorités algériennes ont décidé de suspendre les rapatriements de migrants algériens en situation irrégulière en Espagne. Jusqu'avant la crise diplomatique en mars dernier, des vols réguliers depuis l’Espagne vers l’Algérie étaient fréquents pour renvoyer des sans-papiers algériens qui avaient atteint les côtes espagnoles. Ces opérations de rapatriement sont paralysées depuis la fin du printemps dernier, indique la même source.