La monnaie unique européenne, l'euro, a été créée en 1999. Depuis cette date, elle est passée par plusieurs phases. Ces dernières années, l'euro s'est stabilisé face aux principales devises, notamment le dollar, avec un taux qui oscille entre 1,10 et 1,20 dollar pour 1 euro. Cependant, depuis le début de la guerre en Ukraine, la monnaie européenne a reculé d'une manière significative. L'euro est arrivé à la parité avec le dollar. Cette situation chamboule les économies européennes et impacte considérablement les échanges mondiaux. En effet, certains pays bénéficient de cette parité et certains secteurs sont soit sanctionnés, soit au contraire dynamisés. 

Avant d'analyser les conséquences de cette parité, il faut rappeler que l'euro a été créé le 4 janvier 1999. Il s’échangeait après sa mise en circulation à 1,1789 dollar pour 1 euro. A ses débuts, la monnaie européenne avait connu une période de fragilité avant d'entamer jusqu'à 2008 une solide phase de réévaluation. Le 15 juillet 2008, elle atteint son plus haut historique à 1,60 dollar. L'euro entame ensuite une nouvelle phase de baisse jusqu'à 2015, qui l'amène à un niveau de 1,10 dollar environ. Cette phase est suivie d'une phase de stabilisation autour de 1,15 dollar qui dure jusqu'à fin 2021. En 2022, en raison de la crise économique mondiale due à la guerre en Ukraine, l'euro atteint  la parité avec le dollar, pour la première fois depuis sa mise en circulation en 2002. La dévaluation de l'euro par rapport au billet vert est d'environ 18%.

L'Algérie profite de la parité

Il faut dire que concrètement, la parité euro-dollar veut dire que, pour un euro, on ne peut plus acheter qu'un dollar. Un euro plus faible veut dire un dollar plus fort. Donc, tout ce qui est importé des États-Unis ou ce qui est facturé en dollar devient plus cher pour les européens qui doivent donc dépenser plus d'euros. Ainsi, les pays dont les exportations en dollar sont plus importantes que leurs importations sont les plus grands bénéficiaires de cette parité. L'Algérie qui exporte son pétrole et gaz en dollar et qui importe des volumes importants de marchandise de l’Europe, donc en euro, fait ainsi partie des principaux bénéficiaires de cette parité.

Par ailleurs, pour les Européens, voyager dans les zones où le dollar est de mise devient plus coûteux. En revanche, pour les Américains, les vacances sur le Vieux Continent sont plus attractives financièrement : ils bénéficieront d'un meilleur pouvoir d'achat en Europe. Le Vieux Continent n'est donc pas perdant sur toute la ligne. Le tourisme dans la zone euro peut espérer attirer davantage de vacanciers d'outre-Atlantique.

Les consommateurs sanctionnés

D'un autre côté, les entreprises exportatrices de la zone euro profitent d'un euro plus faible. Le prix à l'exportation baisse, ce qui rend les produits facturés en euro plus attractifs sur les marchés mondiaux. La France, l'Allemagne ou les Pays-Bas avec leur grand secteur industriel peuvent donc profiter de cette parité pour gagner des parts de marché sur les places mondiales.

 

Par contre, le consommateur européen est sanctionné par cette parité. Les prix des produits importés sont beaucoup plus chers, notamment pour certains produits prisés sur le Vieux Continent. En France par exemple, la majorité des entreprises sont également concernées : les artisans, les commerçants et les petites entreprises qui n'exportent pas ou très peu, subissent la hausse de la matière première importée et celle des prix de l'énergie, y compris de l'électricité. Pétrole et gaz étant facturés en dollar, consommateurs et entreprises doivent supporter un budget plus élevé pour le transport et le chauffage.