La situation des échanges commerciaux entre l'Algérie et l'Espagne est compliquée et confuse. En effet, sans information officielle claire, la décision de lever le gel sur ces transactions commerciales entre les deux pays reste ambiguë. Le 9 juin, l'ABEF annonçait ce gel après la suspension du traité d'amitié entre les deux pays. Plus d'un mois après cette décision, la même association a annoncé son annulation. Mais aucune réaction de la Banque d'Algérie ou des autorités compétentes n'a été enregistrée.

En effet, pendant tout ce temps , les autorités officielles sont restées muettes sur le sujet, hormis la représentante diplomatique de l'Algérie auprès de l'Union européenne, en réaction à la déclaration de l'Union européenne soutenant l'Espagne.  « La commission de l'Algérie auprès de l'Union européenne déplore la précipitation avec laquelle la Commission européenne a réagi sans consultation préalable ni vérification aucunes, auprès du gouvernement algérien, à la suspension par l'Algérie d'un Traité politique bilatéral avec un partenaire européen, en l'occurrence l'Espagne, sans s'assurer que cette mesure n'affecte ni directement ni indirectement ses engagements contenus dans l'Accord d'association Algérie-Union européenne ».

Cette représentante avait ajouté que « s'agissant de la prétendue mesure d'arrêt par le gouvernement des transactions courantes avec un partenaire européen, elle n'existe en fait que dans l'esprit de ceux qui la revendiquent et de ceux qui se sont empressés de la stigmatiser ». Donc, la représentante de l'Algérie auprès de l'Union européenne a clairement démenti cette décision. Cependant, en Algérie, il n'y a eu aucune réaction officielle sur ce sujet.

Le 28 juillet, l'ABEF a annoncé que sa décision a été annulée et que les transactions avec l'Espagne peuvent avoir lieu le plus normalement du monde. Quelques heures plus tard, l'agence de presse nationale a publié un article à ce propos. Cette agence, qui ne cite aucune partie officielle, explique que l'Association des banques et établissements financiers (ABEF) n'a pas les prérogatives nécessaires pour prendre des « décisions concernant les questions financières et commerciales qui engagent l'État ». L'APS ajoute que ces décisions sont prises « en Conseil des ministres, par le ministère des Finances ou par la Banque d'Algérie et sont annoncées par les canaux officiels ».

Ainsi, la décision de l'ABEF est remise en cause. Cependant, les observateurs se demandent pourquoi la décision de l'ABEF, prise le 9 juin, n'a pas été démentie et pourquoi démentir la nouvelle décision ? En tous cas, au lieu d'éclairer l'opinion publique et les opérateurs économiques sur la situation, la décision de l'ABEF et les commentaires de l'APS ajoutent encore du flou à la situation du commerce avec l'Espagne.