L’imam marocain accusé d’avoir tenu des « propos haineux » et prôné un discours « contre les valeurs de la République » restera en France. La décision d’expulsion de cet imam, annoncée le 28 juillet dernier par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, est suspendue par la justice.

Rebondissement dans l’affaire de l’imam marocain Hassan Iquioussen. Alors que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé le 28 juillet dernier que cet imam serait « expulsé du territoire français », voilà que la justice française en décide autrement. En effet, le tribunal administratif de Paris a décidé, vendredi 5 août, de suspendre l’expulsion de cet imam marocain.

Gérald Darmanin a confirmé le 2 août devant les députés à l’Assemblée nationale avoir signé l’arrêté d’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen. « Ce prédicateur tient depuis des années un discours haineux à l'encontre des valeurs de la France », a justifié Gérald Darmanin. Ce dernier a rappelé les positions « contraires aux principes de laïcité et d'égalité entre les femmes et les hommes » de cet imam, évoquant notamment des propos répréhensibles « sur les juifs, les femmes ou encore les attentats ».

Le tribunal de Paris suspend l’expulsion de l’imam marocain Hassan Iquioussen

La décision de l'expulsion de l’imam marocain intervient après un examen détaillé, le 22 juin dernier par la Préfecture du Nord, des prises de position de cet imam marocain, qui avait demandé un renouvellement de son titre de séjour de dix ans arrivant à expiration, indique Le Point. « Le préfet du Nord s'est déplacé en personne pour plaider le dossier devant les magistrats avec l'appui sans réserve du ministre de l'Intérieur », ajoute la même source, qui indique qu'un avis favorable pour l’expulsion de l’imam a été donné après l'examen du dossier.

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Mais la mesure d'expulsion a finalement été suspendue le 5 août par le tribunal administratif de Paris. « Le seul motif tiré de l’existence d’actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination à l’égard des femmes ne (peut) justifier la mesure d’expulsion sans porter une atteinte grave et manifestement disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale », affirme le tribunal dans son jugement, publié le 5 août par l’AFP.

La ministre de l’Intérieur fait appel de la suspension de l'imam devant le Conseil d'État

Le tribunal a notamment rappelé que l’imam marocain Hassan Iquioussen, 57 ans, était « né en France où il réside depuis sa naissance avec son épouse et ses cinq enfants français et ses quinze petits-enfants français ». Une décision saluée par l’avocate de l’imam. « Monsieur Iquioussen remercie la justice française d’avoir su garder la tête froide malgré l’ampleur médiatique de ce dossier », a déclaré à l’AFP son avocate Lucie Simon.

Suite à cette décision du tribunal administratif de Paris, le ministre de l’Intérieur a décidé de faire appel devant le Conseil d’État. Dans un communiqué publié sur Twitter, Gérald Darmanin a affirmé qu’il était « bien décidé à lutter contre ceux qui tiennent et diffusent des propos de nature antisémite et contraires à l’égalité entre les hommes et les femmes ».